Publié le 30 août 2018 dans Patrimoine du secteur Aéronautique-Spatial-Défense

L’innovation en espaces : le Campus Thales à Mérignac

Patrimoine industriel, scientifique et technique

Dans le secteur aéronautique, depuis 2016, les salariés de Thales du Haillan et de Pessac sont regroupés sur un nouveau site à Mérignac, véritable incarnation de l’usine du futur, basée sur le Lean Manufacturing.

La méthode Lean

Le Lean Manufacturing est une démarche qui émerge dans les années 1950 au Japon, notamment au sein de la firme Toyota. Théorisée dans les années 1990, elle se développe depuis au sein de nombreuses entreprises afin de favoriser un esprit d’amélioration continue chez les salariés (Kaizen en japonais) à la fois pour satisfaire au mieux les clients et garantir le bien-être des équipes.

Une coopération accrue entre les membres du personnel, une gestion des flux « juste à temps », sont parmi les caractéristiques du Lean qui modifient la conception architecturale des usines, de l’organisation des bureaux jusqu’aux lignes de production. Dans cet environnement, l’outil numérique apporte un gain de performance sans être une fin en soi, la valeur ajoutée de l’être humain restant centrale.

Conséquences sur l'architecture

Ainsi, pour la création du Campus Thales, trois principes directeurs ont été retenus : mettre le client au centre des préoccupations, créer les conditions propices à l’innovation et favoriser la collaboration entre les personnes. Dans cette optique, l’architecte Jean-Philippe Le Covec  a imaginé dans chacun des sept bâtiments dédiés au travail, un rez-de-chaussée fait de plates-formes techniques et des étages avec bureaux et espaces collaboratifs basés sur le management visuel  (avec affichage des indicateurs via des post-it ou en écrivant directement sur les parois vitrées des bureaux). Ces derniers déclinent toutes les formes d’obeya (grande salle en japonais) : îlots de réunion en open space, salles de réunions fermées ou "work café".  Certains de ces espaces sont dédiés à un client particulier : Airbus, Dassault par ex. Un innovation hub de 1500 m2 complète l’ensemble dans lequel les salariés imaginent notamment les cockpits de demain. En ce qui concerne les bureaux, il s’agit de petits open space, dédiés à une équipe, dotés de box pour s’isoler et d’une dizaine de postes de travail.

A l’extérieur, le personnel bénéficie d’un cadre dont la dimension paysagère a été particulièrement travaillée, avec la création d'une zone humide et l'implantation d'espèces végétales locales. On peut y organiser également des réunions, car le wifi est partout.

Cette implantation de 60 000 m2 entérine donc  les nouveaux modes de management initiés au sein de  l'entreprise au Haillan et à Pessac, et permet une meilleure cohésion des « thalesiens », comme ils se nomment eux-mêmes.


Pourquoi l’entreprise Thales est-elle implantée en Gironde ?

L’implantation de Thales en Gironde remonte aux années 1970. À l’époque, le député-maire Jacques Chaban-Delmas contribue activement au développement économique de la région en s’appuyant notamment sur le Comité d’expansion Aquitaine qu’il préside. Véritable outil de démarchage, le Comité sollicite l’installation  d’entreprises parisiennes, conformément aux directives de la DATAR qui prône une active décentralisation industrielle. En 1973, Thomson-CSF décide ainsi de décentraliser en Gironde une partie de ses équipes au cœur du jeune complexe aérospatial bordelais et s’installe en 1975 à Pessac et dans l'ancienne usine Sud-Aviation du Haillan. L’entreprise est renommée Thales en l’an 2000. A Pessac, le site s'occupait de développer les équipements électroniques embarqués, les radars en particulier, pour les avions de combat, les drones, les hélicoptères et les plate-formes navales, tandis qu'au Haillan les équipes se chargeaient de la conception de l'électronique de pilotage.
En 2014, il est décidé de regrouper ces deux entités girondines au sein d'un seul site à Mérignac. Le 10 avril 2015, la première pierre est posée et en 2016, après 18 mois de travaux réalisés par l'entreprise toulousaine GA Smart Building, les équipes de Pessac et du Haillan sont regroupées, et quelques équipes parisiennes les rejoignent. Aujourd’hui 2800 personnes travaillent sur le Campus Thales.

  • Laetitia Maison

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