Publié le 23 novembre 2020 dans Patrimoine du secteur Aéronautique-Spatial-Défense

Hommage à René Lemaire (1928-2020)

Patrimoine aéronautique

Un grand nom de l’aventure aéronautique aquitaine nous a quittés le 17 novembre dernier. Pilote passionné par l’histoire de l’aviation, fondateur du Conservatoire de l’Air et de l’Espace d’Aquitaine (CAEA) à Mérignac, René Lemaire était, depuis dix ans, l’un des témoins les plus précieux de notre étude sur le patrimoine aérospatial régional.

Suite à notre dernière publication1 qui mettait en lumière certains documents de sa collection personnelle, René Lemaire m’avait félicitée chaleureusement, pour ajouter ensuite, avec un mélange de sévérité et de bienveillance, qu’il faudrait y joindre tout de même quelques compléments.

René a débuté ses études à l’École de technique aéronautique et de construction automobile (ETACA, aujourd’hui ESTACA) à Paris puis entre à la SNCASO (Société nationale de constructions aéronautiques du Sud-Ouest) à Courbevoie. Il rejoint ensuite en 1959, en tant qu’ingénieur d’essais, l’établissement Dassault de Mérignac où il dirige le bureau d’étude du Mystère 20, premier avion d’affaires imaginé par l’entreprise. Alors que l’appareil doit effectuer son premier vol le 4 mai 1963, une délégation de la Pan American Airways vient l’étudier, accompagné du conseiller de la société, Charles Lindbergh (1902-1974), premier aviateur à avoir traversé l’Atlantique nord en mai 1927. L’Américain, en quête d’un nouveau Jet pour la Pan Am, est enthousiaste et appelle son directeur : « I’ve found your bird !». Deux mois plus tard, la Pan Am commande une quarantaine d’avions qu’elle rebaptise « Falcon ». Fort de cette réussite dans le jeune marché des avions d’affaires, René Lemaire devient par la suite chef du département d’étude des Falcon.

À la fin de sa carrière, René fonde en 1987 le CAEA afin d’y restaurer des avions témoins de l’histoire aéronautique de la région, et d’en faire profiter le grand public. Il y fait rassembler également une importante documentation comprenant ouvrages, revues spécialisées et cartes postales. Hébergé par la base aérienne 106 à Mérignac, le CAEA est aujourd’hui une association dynamique, dotée d’une collection de 51 aéronefs, de 915 maquettes et de 78600 documents. Ses  bénévoles organisent en outre des sessions de simulation, participent à des meetings aériens, et réalisent des expositions et des ouvrages. René y prenait part quotidiennement, s’attachant avec ses camarades à préserver et à valoriser un patrimoine méconnu. Il aura travaillé avec opiniâtreté pour la postérité, et assurément, historiens et passionnés poursuivront son œuvre.

  • Laetitia Maison-Soulard, le 18 novembre 2020

     

    1. MAISON-SOULARD, Laetitia et FRIGANT, Vincent. L’industrie aérospatiale en Nouvelle-Aquitaine. Un siècle d’histoire et de patrimoine. Bordeaux : Éditions Le Festin, 2020.

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