Publié le 04 novembre 2010 dans Les communes riveraines de l’estuaire de la Gironde

Une commanderie à Arcins

Architecture militaire

Si l’existence et l’activité de la commanderie d’Arcins sont connues, son origine, en revanche, ne l’est pas. Elle n’est citée qu’à partir de la suppression de l’Ordre du Temple, lorsque la commanderie de Bordeaux est fractionnée.

D’après les sources, le premier chevalier pourvu de la commanderie d’Arcins est un certain Arnaud de Sicard (1335-1338), qui partage en indivis la haute justice avec le seigneur de Castillon, ainsi que les amendes et les confiscations. Le chevalier Sicard se réserve la moyenne et la basse justice, les « honneurs », les prérogatives, le monopole de la vente du vin pendant un mois de l’année, et le droit de fixer les poids et les mesures dans cette juridiction. En contrepartie, le seigneur de Castillon n’exige pas des habitants d’Arcins, le service militaire, ni le serment de fidélité et s’engage à ne faire bâtir ni château, ni forteresse, ni prison sur le territoire (charte du 25 mars 1335, approuvée et confirmée par le Grand-Prieur Aycard de Miramont). Arcins, « dépendante de la langue de Provence, est située dans le district du Grand-Prieuré de Toulouse », selon G. Wenck ; et possède d’autres membres : « Montarouch, Villemartin, Saint-Avit-de-Solège, Pécorade, Temple de Sautuges, Planquemorte, Forteyron ».

D’après l’ouvrage d’A. Du Bourg, les hospitaliers possédaient dans la commune une habitation assez modeste, dite « château d’Arcins », qui dut subir quelque désastre au cours du Moyen Age semble-t-il, puisqu’elle ne servait plus de résidence aux commandeurs, qui habitaient de préférence leur maison de « Montarouch », dans le Bazadais ; probablement à cause des terres régulièrement inondées, transformées alors en marais insalubres.

De notre prospection au sein de la commune ne résulte aucune découverte inédite sur le sujet ; il ne subsiste aucune trace matérielle de la commanderie. Seul le nom d’un pré, dit de l’Hôpital, situé à l’est du bourg, à proximité de l’estuaire, mentionné sur le plan cadastral de 1826 comme prairie des Commandeurs ou l’Hôpital, en rappelle aujourd’hui l’existence.

L’Histoire économique de la Révolution Française, relatant la vente des Biens Nationaux, mentionne, pour le district de Lesparre, la vente du « 15 février 1793 de la maison de la Commanderie, contenant 43 journaux environ, terre, vigne et palu. Estimation 12 982 livres ; adjudication 24 200 livres. – Enchérisseurs : Robert, Arnaut, Bichon, Eyrem ; adjudication : Pierre Eyrem. »

CB

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