Publié le 04 mai 2010 dans Les communes riveraines de l’estuaire de la Gironde

Un exemple d'architecture viticole en Haut-Médoc

En effet, les édifices qui composent le domaine sont formés de deux pôles distincts : l’un, « noble », comprenant un corps de logis monumental complété des écuries et, surtout, des bâtiments dédiés à la viticulture ; l’autre, agricole, situé à l’écart, comprend une ferme avec logements des ouvriers et même une salle d’asile pour les enfants du personnel. L’ensemble est entouré d’un vaste parc et d’une centaine d’hectare de vignes.

Si le site de Giscours est ancien et daterait du XVe siècle, la propriété moderne est véritablement créée par Marc Promis. En 1825, ce grand financier parisien fait élever, sur l’emplacement d’une ancienne maison noble, le château actuel qui se compose alors d’une imposante demeure de style néoclassique, d’écuries et de chais. Giscours, mis en vente en 1847, passe ensuite entre les mains de Jean-Pierre Pescatore, consul général des Pays-Bas, puis, à sa mort en 1856, de son neveu Guillaume-Bonaventure Pescatore. Ce dernier, secondé par M. Skawinski, administrateur de la propriété, se consacre à l´amélioration des bâtiments, commençant par le corps de logis : la travée centrale est désormais coiffée d’un dôme en ardoise, et des portiques sont ajoutés sur les façades antérieures et postérieures, ainsi que sur chaque élévation du bâtiment. Ces ajouts montrent la volonté de donner un certain faste au bâtiment, d’imposer sa présence dans le paysage : en effet, si l’extérieur du château se signale par sa monumentalité, les intérieurs restent cependant relativement modestes. Quant aux dépendances sur cour, les écuries, et surtout le cuvier doté de toutes les innovations, elles concourent au prestige du cru.
En 1875, Edouard Cruze prend la tête du domaine ; il fait aménager un parc d’une cinquantaine d’hectares par le paysagiste Eugène Bülher, et fait bâtir, outre l’école maternelle, une ferme modèle, appelée « Suzanne » en l’honneur de sa femme, destinée à abriter tous les services non spécifiquement viticoles de l’exploitation. Ce complexe agricole, daté de 1877 et construit sur les plans de l’architecte Abel-Valentin Duphot, se compose de plusieurs bâtiments s’articulant autour d’une cour rectangulaire, dont : logis pour le régisseur, logements pour le personnel, parc à vaches, écuries et étables.

Les principes de séparation et d’autonomie des fonctions soulignent à la fois la particularité de ce domaine, mais aussi, a contrario, son inscription dans la définition même du « château viticole » en Médoc.

JR/AB

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