Publié le 13 janvier 2011 dans Les communes riveraines de l’estuaire de la Gironde

Un document méconnu : le plan-relief de la citadelle et de la ville de Blaye

Le plan de Blaye, constitué de plusieurs tables assemblées, occupe à lui seul une surface d'une douzaine de m2, alors que celui du Fort-Paté semble un vaisseau échoué sur une île de l'estuaire. Réalisés, d'après la plupart des catalogues, au tout début du XVIIIe siècle, ces plans-reliefs constituent une documentation essentielle pour la connaissance de l'environnement architectural et paysager de la citadelle à la fin du règne de Louis XIV.

Si les conditions de leur réalisation nous sont, dans le cas précis, inconnues, puisque les documents afférents n'ont pas été conservés (les levés de terrain manquent), leur confrontation avec d'autres documents doit permettre d'estimer leur valeur de témoignage historique. En première analyse, en regard des nombreux plans conservés depuis le XVIIe siècle, la représentation de la citadelle et du Fort-Paté paraît fidèle à la réalité archéologique de ces sites militaires. L'ensemble du système défensif, les portes, les casernes, le couvent des Minimes..., tout est ici représenté avec force détails ; le vieux castel des Rudel, résidence du duc de Saint-Simon, gouverneur de la place, est notamment figuré avec sa couverture d'ardoise, quand on ne trouve plus aujourd'hui qu'une ruine in situ.

C'est, cependant, pour la ville et sa campagne environnante que la comparaison avec les données de terrain de l'inventaire s'avère la plus difficile à mener, mais aussi la plus riche d'enseignements pour la connaissance du patrimoine local : au-delà de la forme urbaine, qui n'a guère évolué jusqu'au début du XIXe siècle, les représentations des édifices religieux, des édifices publics, des maisons, sont-elles un reflet fidèle, un "instantané" du paysage architectural de la ville de Blaye sous l'Ancien Régime ? Les fermes et les moulins, le hameau de Sainte-Luce, la trame parcellaire et la représentation du terroir, sont-ils toujours perceptibles après plus de deux siècles de bouleversements urbanistiques et de remembrements ? Tout le travail en cours, d'enquête de terrain et d'analyse de la documentation - des plans anciens notamment -, permettra de mesurer la distance qui sépare cette image issue du passé de l'entêtante rémanence des traces léguées par les hommes de jadis.

AB

Merci à Katalin Escher, chargée d’études au musée des Plans-Reliefs, de nous avoir facilité l’accès à la documentation concernant la citadelle de Blaye.

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