Publié le 26 janvier 2017 dans Les communes riveraines de l’estuaire de la Gironde

Translation du bourg de Saint-Seurin-de-Bourg

Patrimoine public, Patrimoine religieux, Urbanisme

La paroisse de Saint-Seurin-de-Bourg est connue avant la Révolution sous le nom de Saint-Seurin de Touveyras. Les visites paroissiales des XVIIe et XVIIIe siècles relatent des éléments relatifs à l’église qui, malgré sa taille modeste - environ 4 mètres sur 8 -, a le statut d’église paroissiale (1). A la Révolution les communes sont créées sur la base des anciennes paroisses (2). La circonscription générale des paroisses du royaume, approuvée le 28 août 1808, modifie le statut de certaines églises : ainsi l’église de Saint-Seurin devient une annexe de Bayon, elle-même érigée en succursale (3) de Bourg-sur-Gironde.

Par conséquent, l’usage de l’église et du cimetière est abandonné au profit de l’église de Bayon et du cimetière de Camillac (ancienne paroisse, rattachée à Bourg-sur-Gironde). Sur le plan cadastral de 1821 (4), quelques maisons sont organisées autour d’une cour à l’ouest de l’église et du cimetière. Le lieu est décrit par le curé de Bayon dans une lettre du 15 novembre 1837, comme "désert et peu central" et dans un "état de délabrement complet et menace d’une ruine totale et prochaine" (5).

A travers la correspondance entre l’archevêque et le maire de Bayon transparaissent la nostalgie et la frustration des habitants de ne plus pouvoir ensevelir leurs morts ni pratiquer l’office religieux dans la commune : "Ce cimetière de Saint-Seurin-de-Touveiras se trouve à peu près au centre de la commune de Saint-Seurin-de-Bourg, d’une étendue proportionnée à la population, fermé à moitié par de hautes et bonnes murailles, et dans son autre moitié par une élévation de terres garnies de haie vive, la base et le fondement de la croix subsiste encore, et les murailles de l’église debout et en bon état fourniront toutes les facilités d’en rétablir une portion, en forme de chapelle où pourront se faire toutes les cérémonies religieuses, et même la célébration de la Sainte messe pour les obsèques."(6)

Les Saint-Seurinois et la municipalité obtiennent finalement, le 24 mars 1855, le décret érigeant l’église de Saint-Seurin-de-Bourg en succursale. Trois ans plus tard, l’arrêté sous-préfectoral du 5 juillet 1858 autorise la construction d’une nouvelle église. L’ancienne est démolie et le terrain est vendu en 1862. Grâce au généreux financement d’Hermine de Bellot (7), propriétaire du château Laurensanne, la nouvelle église est reconstruite sur une parcelle localisée plus à l’est, entre le ruisseau de Mars et le hameau Les Bordes.

Le presbytère qui faisait défaut tout au long du XVIIIe siècle est bâti à proximité de la nouvelle église dans les années 1860. D’abord établie dans le hameau Le Marchais dans une salle de l’école construite dans les années 1880, la mairie est finalement transférée près de l’église, dans les premières années du XXe siècle. Quant au cimetière, il est installé à distance au nord du bourg.

Le nouveau bourg de Saint-Seurin ne s’est pas vraiment développé : établi à l’écart de la route départementale, non loin de l’ancien bourg, il ne peut rivaliser avec certains hameaux plus étoffés, comme Caruel ou Marchais. C’est toutefois autour de ce noyau qu’ont été construites au début du XXIe siècle quelques maisons de lotissement.

  • Caroline Bordes

 

 

A relire à ce sujet :

  1. L’église de Margaux (billet du 3 mars 2010) et le dossier de l'église de Margaux
  2. Cussac, hier et aujourd'hui (billet du 16 mars 2011) et les dossiers consacrés aux églises de Cussac
  3. "Le Centre" à Jau-Dignac-et-Loirac ou la création d’un bourg au XIXe siècle (billet du 22 novembre 2013)

1) AD Gironde, G 640. Visite de l'archevêque à Saint-Seurin de Touveyras, 22 mai 1702.

2) Loi du 14 décembre 1789.

3) Une succursale est une église construite sur une paroisse pour suppléer à l’insuffisance de l’église paroissiale (Dictionnaire Larousse).

4) AD Gironde, 3 P 475. Plan cadastral de Saint-Seurin-de-Bourg, 1821.

5) AD Gironde, 2 V 250. Lettre du curé de Bayon à l’archevêque, 15 novembre 1837.

6) AD Gironde, 2 V 250. Lettre du maire de Saint-Seurin-de-Bourg à l’archevêque, 31 juillet 1825.

7) Plaque commémorative dans l’église Notre-Dame de Saint-Seurin-de-Bourg : "TÉMOIGNAGE / DE RECONNAISSANCE ET DE VÉNÉRATION / A MADEMOISELLE / HERMINE DE BELLOT / POUR LES BIENFAITS ET LES BONNES OEUVRES / DONT ELLE A DOTE / LA COMMUNE DE ST-SEURIN-DE-BOURG /EN FAISANT CONSTRUIRE A SES FRAIS / CETTE EGLISE LE PRESBYTÈRE ET LA MAISON / DES FRÈRES DES ECOLES CHRÉTIENNES / SON NOM SERA BÉNI A JAMAIS / PAR LES GÉNÉRATIONS FUTURES / COMME IL L'EST PAR CELLE D'AUJOURD'HUI / DÉLIBÉRATION DU CONSEIL MUNICIPAL / DU XVI NOVEMBRE MDCCCLXII / Jn Bte BERTEAUD MAIRE / Jn BARATEAU ADJOINT / Is BERTEAUD [?] DU MENIEU Pre ROY J ROY / Jn ARNAUDIN / Pre FAURE [?] BERTIN / PRIOLEAU CURE"

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