Publié le 25 février 2013 dans Les communes riveraines de l’estuaire de la Gironde

Saint-Genès-de-Blaye : les prolégomènes d’un inventaire

Avant d’initier le travail systématique sur le terrain, le chercheur de l’Inventaire général rassemble une première documentation pertinente pour engager son enquête, et analyse notamment le cadastre dit napoléonien.

Pour la commune de Saint-Genès-de-Blaye, l’examen apporte ainsi nombre d’informations sur l’organisation spatiale et l’occupation du sol dans l’ancienne paroisse de Saint-Genès. Ses limites semblent assez stables depuis le XVIIIe siècle, la commune étant bordée au moment de la réalisation du plan cadastral napoléonien par une série de fossés de drainages donnant dans le chenal de Canteranne au nord, au sud par le ruisseau de Briace, à l’est par le chemin de la Peyreblanque — vraisemblablement très ancien et dont le nom témoigne qu’il était jadis sans doute empierré —, à l’ouest, enfin, par l’estuaire, en incluant l’ancienne île Boucheau. Toujours selon le plan cadastral de 1832, la partie ouest de la commune, située dans les anciens marais, ne comportait quasiment pas de bâti, ce qui est toujours le cas aujourd’hui. Mises à part quelques exploitations isolées, notamment des domaines viticoles tels La Salle ou Peraine (actuellement Château Pérenne), l’habitat est organisé en hameaux regroupant de nombreuses habitations et dépendances. C’est le cas en particulier de Ségonzac, étiré le long de la dorsale d’un coteau s'avançant vers l’estuaire, ou de La Valade, comprenant une dizaine de constructions agglomérées. Quant au village de Saint-Genès, il est composé, outre l’église, d’un ensemble de bâtiments qui paraissent, de prime abord, regroupés de façon inorganique, au croisement de deux voies.

La comparaison des cadastres ancien et actuel apporte déjà de nombreux éléments d’analyse pour comprendre l’évolution du bâti et de la propriété foncière. À Ségonzac, par exemple, la superposition montre la disparition de l’ancienne maison noble, à l’extrémité de l’éperon, et l’importance des reconstructions intervenues depuis le XIXe siècle.
L’examen du parcellaire révèle des formes particulières, indices d’une mise en valeur planifiées de certains secteurs : c’est le cas dans la palue, par exemple, au sein d’un vaste secteur de prairies, d’un ensemble constitué de longues parcelles étroites et en lanières perpendiculaires à l’estuaire, appelé "Les Regains". Les toponymes "Pré neuf" et "Terres bâtisses" témoignent, aussi, de la conquête récente de ces terres sur les marais.

L’analyse du cadastre ancien doit être couplée avec l’étude documentaire, bibliographique et archivistique, pour dessiner une première trame de la connaissance du territoire, prolégomènes à la compréhension de l’histoire patrimoniale des lieux inventoriés.

  • Alain Beschi

Ajouter un commentaire

* champ obligatoire

*
*
*

*