Publié le 26 mars 2013 dans Les communes riveraines de l’estuaire de la Gironde

Pauillac, ville propre !

Dès la fin du XVIIIe siècle, le transfert du cimetière est envisagé : situé à proximité de l’église, au cœur du bourg, il est source de nombreux désagréments, notamment de "miasmes pestilentielles […] portant avec eux le germe destructeur de l’espèce humaine"1. Le choix délicat d’un nouveau terrain à distance des habitations puis le transfert des sépultures font débat et ce n’est qu’en 1860 que le changement sera effectif.

En 1814, le maire prend des mesures pour limiter les désagréments liés aux tueries et aux boucheries : on reproche aux bouchers de laisser devant leurs boutiques et étables des tas de fumier et des débris d’animaux2 ; là encore, la réalisation d’un projet d’abattoir communal en dehors de la ville mettra du temps à se concrétiser. En 1863, il existe encore 12 bouchers-charcutiers dont 10 dans le bourg de Pauillac, chacun possédant une tuerie constituant un risque d’incendie et une menace pour la salubrité publique3. En 1880, l’abattoir communal de Pauillac entre enfin en fonction, sans faire cesser pour autant l’activité des tueries particulières.

Les aubergistes et propriétaires qui "laissent également devant leurs portes et sur les places des tas de bourriers et de boue [et] négligent de nettoyer les rues" font aussi l’objet de récriminations. Il est alors rappelé vigoureusement en 1814 que les rues et places doivent être "soigneusement balayées et nettoyées chaque jour à six heures du matin pendant l’été et à huit heures pendant l’hiver par les soins des propriétaires et locataires devant leurs maisons et bâtiments".

Si au cours du XIXe siècle les rues de la ville sont progressivement pavées, il faut toutefois imaginer des traverses boueuses avec un système d’évacuation des eaux usées sommaire. L’enlèvement "des boues et des bourriers" devient une responsabilité communale avec l’adjudication de ces tâches renouvelée régulièrement par la Ville.

Afin de nettoyer ses souliers crottés en entrant dans son logement, les façades des maisons se voient doter de décrottoirs qui pouvaient prendre différentes formes, tantôt sommaires, tantôt plus recherchées. Des catalogues, comme ceux des fonderies du Val-d’Osne (Haute-Marne), en proposaient un choix varié associant fonctionnalité et ornementation4. Ceux recensés dans les rues de Pauillac peuvent être comparés à ceux de Bruxelles mis à l’honneur dans une exposition récente5.

  • Claire Steimer

(1) Registre de délibérations 1791-1796 : pétition pour un cimetière, 20 novembre 1791.
(2) Registre de délibérations 1799-1822, 8 juillet 1814, ordonnance du maire de Pauillac contre les boucheries.
(3) Registre de délibérations 1861-1879, projet d'abattoir public à construire hors de l'enceinte de la ville, 6 mai 1863.
(4) Jean-Claude Renard, L’âge de la fonte, un art, une industrie, 1800-1914, suivi d’un dictionnaire des artistes, Les Éditions de l’amateur, 1985, p.186.
(5) Voir l'article de L'Express du 17/08/2011.

Ajouter un commentaire

* champ obligatoire

*
*
*

*