Publié le 11 juin 2012 dans Les communes riveraines de l’estuaire de la Gironde

Les moulins, un patrimoine qui disparaît

Si trois moulins à eau existaient à Braud-et-Saint-Louis sur le ruisseau du Moulin Rompu, les moulins-tours à vent étaient les plus nombreux. Implantés sur les coteaux, ils dominaient les prairies et l’estuaire, jouissant d'une bonne prise au vent et de la proximité des cultures de céréales. À Saint-Androny, au hameau de Puy-de-Lignac situé au sud-est du bourg, on comptait 6 moulins à vents au XIXe siècle et à Anglade, 5 moulins à vent.

De telles installations témoignent d’une agriculture tournée vers la polyculture avec une forte présence de céréales, qui décroît au cours de la seconde moitié du XIXe siècle avec l’accroissement de la culture de la vigne dans tout le département. D’après Philippe Roudié*, en comparant les données cantonales de l’Enquête agricole de 1852 aux nombres donnés par Edouard Féret 20 ans plus tard, la vigne gagne quelque 1200 hectares dans l’arrondissement de Blaye. On note donc dans ces années un développement de la vigne dans des zones jusqu’alors dominées par les marais, que ce soit dans le Bas-Médoc ou rive droite, à Saint-Ciers-sur-Gironde par exemple. L’augmentation de la culture de la vigne va de pair avec celle des exports et du négoce du vin. Ainsi, la polyculture s’efface peu à peu au profit d’une monoculture de la vigne ayant pour conséquence la démolition de la majorité des moulins, devenus inutiles, au cours du 3e quart du XIXe siècle.

CB

* Philippe ROUDIE, Vignobles et vignerons du Bordelais, 1850-1980, CERVIN, Centre d'Etudes et de Recherches sur la Vigne et le vin, 1988, p. 21-22 et 111-118.

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