Publié le 07 octobre 2019 dans Les communes riveraines de l’estuaire de la Gironde

Les gendarmeries de Pauillac, d’hier à aujourd’hui

Estuaire de la Gironde, Operations

Alors que les bâtiments de l’actuelle gendarmerie de Pauillac édifiés dans les années 1930 sont sur le point d’être délaissés au profit d’une nouvelle construction dont la première pierre a été posée cet été (1), c’est l’occasion de revenir sur les différents édifices qui ont abrité les hommes de la maréchaussée.

Aux origines de la gendarmerie, les maréchaussées créées au Moyen Âge, au cours de la guerre de Cent Ans, afin de contrôler le débordement des troupes. Au XVIIIe siècle, les forces de police s’organisent et se sédentarisent. Un corps unique est ainsi formé, la maréchaussée. Le 16 février 1791, une loi organise et crée une nouvelle institution, héritière de l'ancienne maréchaussée : la gendarmerie nationale. La loi du 28 germinal an VI (17 avril 1798), considérée comme « la grande Charte » de la gendarmerie, réforme le corps et augmente les effectifs qui passent à 10 000 hommes (2).

En 1795, la brigade de Pauillac composée de cinq gendarmes est logée dans le presbytère. Ils cohabitent avec le curé, le juge de paix et la municipalité. Les dépendances permettent d’abriter les chevaux et de stocker le fourrage ; l’ensemble est toutefois jugé insuffisant. En 1804, le lieutenant de la gendarmerie nationale réclame au préfet de Gironde l’amélioration des bâtiments et l’aménagement d’une prison.

À partir de 1828, la gendarmerie est installée dans l’actuelle rue Jean-Jaurès dans un immeuble  appartenant à un particulier. Comme l’indique F. Jouannet dans sa statistique de la Gironde, « la plupart des brigades de gendarmerie sont logées dans des maisons particulières louées pour cet objet » (3). Il dénombre en Gironde 31 brigades, 138 gendarmes à cheval et 26 à pied. En Médoc, elles sont établies à Lesparre, Pauillac et Saint-Vivien.

En 1852, le Préfet demande au propriétaire, Guillaume Escarraguel, par ailleurs entrepreneur de bâtisses à Pauillac, d'apporter quelques modifications au bâtiment, notamment de l'exhausser afin d'obtenir deux chambres supplémentaires. Les écuries nécessitent également des réparations. Les travaux sont réalisés sur les plans de Guillaume Escarraguel, qui obtient une prolongation du bail pour 9 ans et une augmentation du loyer. L’écurie ornée d’une tête de cheval sculptée, située rue Buffon, correspond sans doute à la « magnifique écurie que fait construire le sieur Escarraguel » mentionnée dans les archives.

À la mort de Guillaume Escarraguel en 1863, ses héritiers s'opposent sur l'estimation de l'immeuble et un procès compromet à la fois le renouvellement du bail et les travaux qui y étaient nécessaires. Un autre local est alors loué au vicomte de Saint-Légier (4), puis la gendarmerie est transférée en 1898 rue Rabié dans un immeuble appartenant à Jean Rodier, qui servait jusqu'alors d'hôtel de voyageurs.

La gendarmerie demeure dans cet immeuble jusqu'en 1938, date à laquelle un nouveau bâtiment est spécialement conçu et édifié pour abriter la gendarmerie. Construit en brique et pierre, rue du Maréchal-Joffre, il est composé d’un avant-corps aux lignes épurées portant une large table décorative avec l’inscription GENDARMERIE NATIONALE.

D’autres exemples de gendarmerie, à Saint-Vivien-de-Médoc ou à Macau, correspondent à des maisons privées en location, tandis que certains bâtiments ont été spécifiquement édifiés pour cet usage (à Macau ou à Soulac).

 

  • Claire Steimer

 

(1) Voir l’article de Sud Ouest du 17/07/2019 : « Pose de la première pierre à la gendarmerie ».

(2) Pour les éléments historiques de la gendarmerie : voir : https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/Notre-institution/Notre-histoire/La-gendarmerie-de-sa-naissance-a-aujourd-hui/La-gendarmerie-heritiere-des-marechaussees

(3) F. Jouannet, Statistique du département de la Gironde, tome 2, Partie 2, 1837-1843, p. 313-315.

(4) AKA Michel. « Pauillac et ses gendarmeries ». Les Cahiers Méduliens, n°66, décembre 2016, p. 5-12

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