Publié le 03 mars 2010 dans Les communes riveraines de l’estuaire de la Gironde

L’église de Margaux

Patrimoine religieux

Le clocher de l’église Saint-Michel, fraîchement restauré et portant fièrement la date de sa construction 1856, ne laisse pas imaginer les aléas que le bâtiment a connus au XIXe siècle. L’étude de la série O aux Archives départementales concernant les bâtiments communaux révèle les travaux successifs ainsi que les projets de déplacement et de reconstruction de l’église qui n’ont finalement pas été exécutés.

Les informations les plus anciennes concernent la construction du clocher réalisée par l’entrepreneur Joseph Déjean sous la direction de J. Hosteing, architecte à Lesparre, la réception définitive des travaux étant datée du 25 août 1857.

Dix ans plus tard, l’état de l’église pose problème et c’est son emplacement même qui est remis en cause : un projet de translation est envisagé sur un terrain situé quartier de la Bèque, aujourd’hui à l’emplacement du square de l’avenue Jeanne-d’Arc. En 1869, cette solution n’est pas jugée raisonnable :
« L’église actuelle est suffisante pour la population, elle a été réparée récemment, on a construit un presbytère et élevé un clocher et la translation de l’église sur l’emplacement choisi entraînerait nécessairement celle d’un autre presbytère ».


La question est toutefois relancée en 1876 : l’église se trouve éloignée du centre du village, d’autant plus que l’aménagement de la gare a entraîné un déplacement de la population. La construction de l’église serait aussi associée au percement déjà envisagé de l’avenue Jeanne-d’Arc :
« L’église actuelle est placée d’une façon entièrement contraire aux intérêts religieux de la population ; au lieu d’être placée au centre ou à peu près des habitations, elle se trouve à l’une des extrémités de la commune ; son accès est difficile pendant les froids comme pendant les chaleurs ; en tout temps, elle est inaccessible aux malades, aux infirmes, aux jeunes enfants et aux vieillards ; isolée et sans surveillance possible, il est prudent de la tenir fermée pendant une portion très considérable de la journée ».


Ces arguments n’ont cependant pas porté leurs fruits, les finances de la commune n’autorisant pas de telles dépenses. On en revient donc à la restauration du bâtiment existant avec plusieurs devis proposés par l’architecte Ernest Minvielle en 1879, puis 1885. Finalement, c’est l’architecte Labbé qui effectue quelques travaux de réparation en 1887-1888 : chevet de l’église, toiture, aménagements intérieurs, remplacement de la croix de pierre du clocher détruite par la foudre par une croix en fer.

Pour retrouver l’ensemble de ces éléments, voir la cote 2 O 2370 aux AD33.

 

  • Claire Steimer

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