Publié le 19 juin 2015 dans Les communes riveraines de l’estuaire de la Gironde

Le patrimoine menacé des villages viticoles

Le patrimoine viticole ne se résume pas aux grands domaines ; au cœur des bourgs, comme à Saint-Seurin, un bâti plus modeste révèle l’existence de petites propriétés viticoles. Organisé autour de l’église, le village de Saint-Seurin est composé de plusieurs îlots de maisons avec dépendances et petits jardins. A cette trame se greffent deux châteaux encore en activité, datés de la seconde moitié du XIXe siècle : Château Grandis au nord et Château Pontoise-Cabarrus à l’est.

Lors de l’enquête d'inventaire en 2014, une quinzaine de bâtiments de dépendances présentant des "baies de décharge", permettant la réception de la vendange, ont été repérés dans ce périmètre. Ce marqueur architectural permet ainsi d’identifier d’anciens chais aujourd’hui transformés ou abandonnés, souvent en mauvais état.

Ces constructions modestes en rez-de-chaussée, dotées parfois d’un comble à surcroît, sont bâties en moellons de calcaire. Elles sont tantôt attenantes au logis — dans le prolongement ou à l’arrière en appentis —, tantôt indépendantes, et généralement de plan rectangulaire.

Il est délicat de les dater précisément : la plupart figurent sur le plan cadastral de 1832 et existaient donc déjà à cette époque. D’autres sont édifiées dans la seconde moitié du XIXe siècle comme l’indiquent les matrices cadastrales. Déterminer la fonction de ces bâtiments est parfois difficile, quand la traditionnelle baie de décharge n’a pas été percée : seuls les témoignages oraux nous permettent alors de repérer ces chais dotés d’une simple porte par laquelle la vendange était acheminée.

La carte de repérage dressée après l’inventaire est à confronter avec les indications apportées par les éditions successives de Bordeaux et ses vins, de Cocks et Féret. Ainsi dans l’édition de 1868, 14 crus artisans ou paysans sont répertoriés dans la rubrique "Au bourg" : ces petites structures produisaient de 6 à 100 tonneaux.

Les photographies prises lors de l’enquête permettent de conserver la mémoire de ce patrimoine qui disparaît peu à peu.

 

  • Jennifer Riberolle

Ajouter un commentaire

* champ obligatoire

*
*
*

*