Publié le 05 décembre 2012 dans Les communes riveraines de l’estuaire de la Gironde

Le "désert" du Verdon au XVIIIe siècle : quelques documents des Archives nationales

Les cartes du XVIIIe siècle, dressées par des ingénieurs dans le cadre de travaux ou d’aménagements relatifs à l’estuaire, recèlent des informations précieuses sur le territoire. La Carte de l’embouchure de la Garonne ou de la Gironde (Cartes et plans, MAP G 206, 1756) fut ainsi réalisée pour prévoir les emplacements de deux batteries destinées à la défense de l’embouchure, l’une à la pointe de Graves, l’autre près de Royan. Le Verdon y est représentée comme une vaste étendue de dunes de sables et de marais salants. La Carte de l’entrée de la rivière de Bordeaux, levée à partir de 1776 par Teulère (Cartes et plans, MAP G 211), ingénieur en chef des bâtiments civils de la Marine au Port de Rochefort, est accompagnée de quelques vues des rives de la Gironde à son embouchure. Ainsi l’église ruinée de Soulac et un moulin surgissent d’un paysage désertique de dunes de sable.
Pour compléter les informations fournies par ces documents iconographiques, nous avons également consulté des rapports ou mémoires concernant la navigabilité de la Gironde (opérations de nivellement, balisage, description des passes, travaux réalisés au phare de Cordouan, missions des pilotes de la rivière Gironde…). L’un de ces documents, daté du 17 avril 1717 (MAR D2 50), contient une description du Verdon dans le cadre du projet de construction d’une chapelle : "il n’y a point de lieu plus désert en France qu’est celui du Verdon où l’on veut construire la chapelle […]. C’est un endroit sec et aride où il n’y a que du sable. L’habitation la plus près est Soulac qui est un village à une lieue de là et tout le reste du pays est fort peu habité, hors les bords de la Garonne […]. Comme il y a une rade très bonne au Verdon où les bâtiments mouillent en attendant que les vents soient favorables pour sortir de la rivière, il y a lieu d’espérer quand l’ouvrage sera une fois commencé, que l’on pourra tirer quelque chose de la dévotion des matelots qui souhaitent fort cet établissement".

La consultation de ces fonds d’archives offre à la fois des éléments de contexte historique mais aussi des descriptions précises du territoire, qui viennent compléter nos recherches dans les fonds d’archives locaux et sur le terrain. Nous poursuivrons donc ces sondages dans les mois à venir.

CS

(1) Voir le site des Archives nationales. Le fonds moderne de la Marine est quant à lui conservé au ministère de la Défense / Service historique de la Défense à Vincennes.

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