Publié le 17 novembre 2014 dans Les communes riveraines de l’estuaire de la Gironde

Entre classement du chevet roman et restauration par Paul Abadie: l’église Saint-Saturnin de Bégadan au XIXe siècle

Au début des années 1840, l’église Saint-Saturnin de Bégadan n’est pas en bon état, notamment la nef et le clocher-mur. Les dessins réalisés en 1842 par Monseau, dessinateur de la commission des Monuments historiques, témoignent de l’aspect de l’église à cette époque, insistant sur la qualité du chevet roman et de ses chapiteaux sculptés aux motifs variés. Un rapport de la commission des Monuments historiques, probablement rédigé avant les années 1850, fournit une description de cet édifice(1) :
"Le portail, en contrebas du sol est également remarquable mais le salpêtre a corrodé les pierres formant les colonnes et pulvérisé les détails d’architecture. Au-dessus du portail, à quelques mètres d’élévation existe une croisée longue et assez étroite murée, ayant six petites colonnes minces et dégagées avec chapiteaux également sculptés. A l’intérieur l’architecture est la même qu’à l’extérieur ; les détails et la symétrie ne différent presque pas ; fortes colonnes de la base au faîte, petites colonnes sur les côtés des croisées, chapiteaux [?]".

Le projet de restauration de la nef et du clocher-mur est confié à l’architecte Paul Abadie (1812-1884) qui propose une reconstruction intégrant le chevet d’origine, conservant les proportions de la nef du XVIIIe siècle et ajoutant un clocher-porche néo-roman.

Le chevet de l’église figurait déjà sur la liste départementale de classement des Monuments historiques de la Gironde établie en 1841 par la commission. Lors d’une révision de cette liste en 1842, l’église de Bégadan atteint même la première classe de monuments. C’est au cours de la reconstruction de Paul Abadie, en 1862, que le chevet est classé au titre des Monuments historiques par la commission nationale(2).

Paul Abadie s’en inspire pour ses adjonctions qui s’intègrent en toute harmonie au plan d’ensemble. Il travaille à la même époque à la reconstruction complète de l’église Sainte-Marie à Valeyrac. Ces deux chantiers constituent ainsi un laboratoire d’expérimentations pour établir un type d’église néo-romane(3).

A suivre, dans un prochain billet : l’église Sainte-Marie de Valeyrac.

  • Caroline Bordes

Notes :
(1) AD Gironde. 156 T 01 A
(2) Confirmé par arrêté le 11 septembre 1906.
(3) LAROCHE, Claude (dir.). "Paul Abadie, 1812-1884". Catalogue d'exposition, Musée national des Monuments français, Paris, 4 novembre 1988-16 janvier 1989, Paris, Ed. de la Réunion des musées nationaux, 1988.

A consulter :
-L’exposition virtuelle des Archives départementales, consacrée à la Commission des Monuments historiques de la Gironde
-Le billet sur les reconstructions d’après-guerre à Saint-Vivien-de-Médoc où il est question du chevet roman de l’église.

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