Publié le 10 septembre 2014 dans Les communes riveraines de l’estuaire de la Gironde

De la chapelle hospitalière à la croix commémorative : le Temple à Saint-Vivien-de-Médoc

Architecture funéraire

L’ouvrage du baron de Marquessac, Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Guyenne depuis le XIIe siècle jusqu'en 1793, publié en 1866, est particulièrement précieux pour la connaissance de ces édifices. Il nous donne ainsi une description de la chapelle de Planquetorte, annexe de la commanderie d’Arcins :
"C'était une affreuse masure, un toit de brique défoncé, un clocher à pignon détruit, deux pauvres portes refaites au XVIe siècle, un chevet plat sans ouvertures, un sol autour du temple tout défoncé, et en avant du côté gauche de l'angle sud-ouest de l'église, une énorme colonne de pierre d'une antiquité récente, surmontée d'une croix de fonte à dessins entrelacés. Tristement et par respect, nous entrâmes dans l'église ; il n'y avait plus rien que des murs décrépits, et de l'eau, qui tombant goutte à goutte de la voûte entrouverte, mouillait sans relâche la place déserte où devait se trouver autrefois le tabernacle de l'autel. Puis nous fîmes le tour de cette antique chapelle, et nous vîmes à la façon dont les moellons étaient posés, que les murs de l'église, plus respectés que le pignon et la toiture, devaient remonter au XIIe siècle. La porte et la façade avaient perdu leur ancienne architecture, sans doute par l'usure des années et la marche des événements. Devant une telle destruction, nous dessinâmes malgré tout et nous reprîmes après notre voyage ".
Son dessin constitue la seule représentation connue de cet édifice. Il est complété par quelques précisions historiques et notamment la mention d'un rapport de visite en 1784  : "l'église a huit cannes de long et deux et demi de large, elle est bâtie de pierres ; l'autel est derrière la sacristie" (1).
Vendue comme bien national à la Révolution, elle est achetée le 18 décembre 1792, pour la somme de 1225 francs, par le sieur Fatin "tant pour lui que pour les habitants du village du Temple de Planquetorte" (2). L’emprise de l’édifice est encore indiquée sur le plan cadastral de 1833. Puis en novembre 1889, les co-propriétaires décident de démolir les vestiges de la chapelle, de niveler la place et d'y élever un monument commémoratif.
C’est cette croix qui se trouve donc aujourd’hui à l’emplacement de la chapelle de Planquetorte et qui évoque encore le souvenir de cet édifice.

Planquetorte fait ainsi partie des nombreux édifices hospitaliers disparus : Arcins, Pelecahus à Saint-Julien-Beychevelle, le Temple de Tourteyron à Valeyrac... Il faut aller visiter la chapelle de Benon à Saint-Laurent-Médoc, construite aux XIIe et XIIIe siècles, pour admirer un exemple d’architecture hospitalière.

  • Claire Steimer

(1) Une canne mesurait entre 1,71 et 2,98 mètres suivant les régions.
(2) AD Gironde. 2 O 3651. Lettre des habitants du Temple, 25 mars 1912.

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