Publié le 27 mars 2014 dans Les communes riveraines de l’estuaire de la Gironde

Contre vents et marées : les défenses côtières de la Pointe de Grave

Le territoire de la Pointe Médoc a été confronté de tout temps à ces problèmes : un relevé réalisé en 1845 propose la synthèse de plusieurs cartes historiques du XVIIIe au XIXe siècle et montre ainsi le recul des terres. Le rocher Saint-Nicolas qui constituait un repère important sur la plage de la Claire a entièrement disparu. Le fort de la Pointe établi au milieu du XVIIIe siècle a été aussi gagné par la mer.
A partir des années 1840, l’État met tout en œuvre pour éviter que l’océan pénètre les terres au niveau des Huttes et rejoigne les eaux estuariennes, transformant la Pointe de Grave en île.
Des épis constitués d’enrochements et de béton sont alors disposés perpendiculairement au rivage océanique des Huttes à la jetée de Pointe de Grave. Des brise-mer furent par la suite aménagés, constituant des murs d'arrêt, établis parallèlement au rivage. Le défaut d'entretien de ces brise-mer longitudinaux pendant la Première Guerre mondiale a entraîné d'irrémédiables dégâts, et, après les fortes tempêtes, du 9 janvier 1924 jusqu'à la fin de l'hiver 1929-1930, presque tous les ouvrages de défense contre la mer précédemment construits furent anéantis.
Le contenu des articles publiés dans la presse de l’époque est quasi identique à ce que nous avons lu récemment dans nos journaux : on retrouve les mêmes dégâts spectaculaires, la même stupéfaction et la même impuissance face à la force des flots. Des reportages photographiques réalisés par le Port Autonome de Bordeaux permettent par ailleurs de mesurer l’importance des destructions et la transformation du paysage littoral.

Côté estuaire, la lutte est aussi de tous les instants : entre envasement et recul des dunes, il a fallu se protéger, avec des digues, des marées et des eaux qui risquaient d’envahir le village et les terres. La force des courants, les importants coefficients de marée sont encore aujourd’hui redoutables pour le rivage estuarien. Les îles cernées de toutes parts par les eaux subissent aussi des dégâts importants, leurs rives étant peu à peu grignotées. C’est ainsi que le bâtiment de dépendance du château Sourget sur l’Ile du Nord n’a pas résisté aux offensives de l’hiver : il a définitivement basculé dans les flots.

  • Claire Steimer

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