Publié le 19 novembre 2012 dans Les communes riveraines de l’estuaire de la Gironde

Architectures d’après-guerre à Saint-Vivien-de-Médoc

Le monument le plus emblématique de la commune est certainement l’église avec son abside romane (classée Monument historique depuis 1862), sa nef du XIXe siècle et son clocher des années 1950. C’est l’architecte André Larcher(1) qui fut chargé à partir de 1949 des chantiers de reconstruction à Saint-Vivien : on lui doit la mairie inaugurée en 1952, le fameux clocher béni par l’archevêque de Bordeaux en 1957 et certainement les îlots d’habitation à proximité de l’église. L’observation des cartes postales anciennes permet de mesurer l’ampleur de cette transformation architecturale, faisant basculer le village du XIXe siècle à l’ère moderne.
Le manque de logements après la guerre fut également pallié par l’installation d’une "cité provisoire" composée de baraquements, dont un vestige est conservé près de la mairie. En 1955, ces habitations précaires en bois permettaient d’héberger 19 familles ; elles subsistèrent jusque dans les années 1970, formant un "noyau lépreux et insalubre"(2) en plein centre-bourg et furent finalement détruites, tandis que 39 logements sociaux étaient édifiés sous la forme de deux barres d'immeubles installées à côté du camping. A leur tour, elles laissèrent place en 2010 à de nouveaux types de logements, "le Clos forestier", correspondant aux normes actuelles d’urbanisme et de construction(3).

A ce clocher répond sur l'autre rive de la Gironde celui de la majestueuse église Notre-Dame de Royan, dont la construction est achevée en 1958 et qui appartient à un vaste projet de reconstruction de la ville, constituant un ensemble exceptionnel d'architecture des années 1950-1960(4). A Saint-Vivien, si l’inscription au titre des Monuments historiques de l'ensemble de l'église en 2008 témoigne d’une reconnaissance patrimoniale, le clocher est pourtant jugé disgracieux par le plus grand nombre et sa silhouette tout comme son enduit blanc assimilés à un minaret n’en finissent pas de choquer…(5)

CS

Merci à Jean Charbonnier et Guy Tauzier pour les documents et les cartes postales qu’ils ont bien voulu me communiquer.

(1) André Larcher fut également architecte adjoint pour la construction du Lycée Grand-Air à Arcachon et l'auteur de la chapelle Saint-Louis à Arcachon (merci à notre collègue Bertrand Charneau qui nous a fourni ces renseignements).
(2) Mention dans les registres de délibérations de la commune, le 30 septembre 1972.
(3) En 1968, on dénombrait 463 logements à Saint-Vivien, 575 en 1975 et 1176 en 2009. La population est passée de 1018 habitants en 1968 à 1595 en 2009 (source INSEE).
(4) Depuis 2011, Royan appartient au réseau des Villes et Pays d'art et d'histoire au titre notamment de son architecture de la reconstruction.
(5) Le clocher est aujourd'hui en mauvais état et les cloches elles-mêmes ont fait l’objet récemment d’un vif débat dans la commune.

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