Publié le 18 février 2014 dans Les communes riveraines de l’estuaire de la Gironde

Anglade, commune millésimée

Ce ne sont en effet pas moins de 45 dates qui ont été relevées au cours du terrain en 2011, sur plus de 200 bâtiments et une superficie de 13 km2. Le chiffre, par comparaison avec celui des autres communes étudiées depuis 2010 (rive droite et rive gauche confondues), est assez éloquent. Cependant, les bornes chronologiques se restreignent aux XIXe et XXe siècles puisque les dates recueillies ne vont que de 1809 à 1935 ; les bâtiments construits durant l’Ancien Régime ne peuvent alors être datés que par nos propres référentiels et à partir de l’observation (ouverture en arc segmentaire délardé, corniche en doucine, gabarits…).

Les dates portées sont situées principalement sur les façades des logis, des bâtiments viticoles et agricoles, mais on en trouve aussi sur un moulin, une croix ou encore une souche de cheminée (plusieurs souches de cheminées datées ont également été repérées dans la commune voisine de Braud-et-Saint-Louis). Sur les 45 dates, 27 figurent sur des maisons, localisées pour la majorité à côté ou au-dessus des baies et, surtout dans le bourg, en-dessous des corniches. Ce travail de repérage a permis de révéler ici un style homogène. En effet, les dates, parfois en relief, sont inscrites dans un cartouche rectangulaire aux extrémités arrondies et orné de motifs floraux ou géométriques, complétés parfois par des motifs végétaux. Quand elles sont situées au-dessus des portes d’entrée, plus rarement, elles sont mises en valeur par des ornements plus variés : cartouche bombé semi-ovale ou décoré de dents de scie, rubans, guirlandes, motifs de nébulés et de perles...

Ces aspects décoratifs n’ont rien d’exceptionnel en soi mais il semble bien que des usages se soient développés localement, vraisemblablement diffusés par un même maçon dans la seconde moitié du XIXe siècle. Les 27 dates relevées sur les logis entre 1850 et 1891 témoignent d’une vague importante de construction, également corroborée par l’analyse des matrices cadastrales de la même période.

En plus d’apporter une précision sur l’année de construction et d’être de surcroît un élément décoratif, l’abondance de chronogrammes peut être considérée, ici, comme une spécificité locale.

  • Jennifer Riberolle

À relire : le billet d’Alain Beschi sur les dates portées et signatures de Blaye, du 11 octobre 2011.

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