Publié le 01 juillet 2011 dans Les carnets de l'Inventaire

Arcachon / Une architecture signée

La ville d’Arcachon possède une architecture riche et variée. Le service du Patrimoine et de l’Inventaire, chargé d’en faire l’étude, nous fait découvrir les travaux de l’architecte Henri Pfihl.

Entrée du stade Mateo-Petit
Entrée du stade Mateo-Petit

L’opération d’inventaire du patrimoine architectural d’Arcachon prolonge et complète parfois les études déjà menées sur ce territoire. L’étude concerne le bâti du XIXe siècle, celui du XXe siècle et certains éléments contemporains. Cela pour tous les types de constructions présentant un intérêt historique et/ou architectural.

Des côtes bretonnes au Bassin d’Arcachon
Henri Louis Pfihl est né à Brest en 1893. Il apprend son métier à l’École spéciale d’Architecture de Paris et signera donc : « architecte E.S.A. ». Dessinateur, puis chef d’agence dans la région parisienne, il s’établit en Bretagne, à Perros-Guirec, de 1924 à 1926. Architecte dans l’agence Arnaudin à Arcachon à partir de 1927, il en prend la direction à la mort de son confrère.
Un petit catalogue des éditions Edari (1935) présente la production de l’architecte Henri Pfihl pour les années 1925 à 1933 : les constructions concernent surtout Arcachon. En effet, les commandes privées – maisons individuelles essentiellement – et publiques ne l’amèneront guère à s’éloigner du Bassin.
La villa Ker-Monik, dans le quartier des Abatilles, est construite dans les années 1925-1930. L’architecte a inclus dans le décor une sculpture de sa fille Monik jouant avec un chien.
Il signe ses œuvres d’une petite plaque carrée dont la typographie évoque le goût en vogue dans les années 1930. Chacune des ses constructions comporte sa note décorative sous forme de tableau sculpté ou plus exactement moulé dans le ciment.
Le nom de la villa est traité de la même façon. Bien individualisées – personnalisées peut-être – les maisons possèdent des éléments du vocabulaire architectural et décoratif de ces années 1930 : colonnes ou supports polygonaux, légers refends sur le parement permettant un jeu d’ombre et de lumière. Génoise et pergola sont souvent présentes.
Pour le promeneur curieux mais qui restera respectueux de la propriété privée, le boulevard Deganne offre quelques exemples de l’œuvre de Henri Pfihl. Édifié en 1933 le stade Mateo-Petit est accessible par un portail monumental en gradins. Symétrie, angles adoucis, porte cintrées et typographie du nom caractérisent l’époque de construction. Les tribunes sont du même auteur. L’ensemble est remarquable.
Plus loin, Henri Pfihl signe la villa La Perle, ainsi que Bella mitoyenne. Sur la place de Verdun, Gai Printemps est édifiée en 1933. L’immeuble commercial du 292, boulevard de la Plage, en ville, date de la même année. Il conserve aujourd’hui beaucoup de son aspect originel, avec encore une fois, la graphie typée du numéro de rue.
Henri-Louis Pfihl, décédé en 1977, a eu un fils prénommé Henri, qui a fait profession d’architecte à Arcachon. Une recherche sur les attributions de construction sera nécessaire.

Bertrand Charneau, chercheur au service du Patrimoine et de l’Inventaire - Région Aquitaine.