Publié le 15 novembre 2017 dans Étude urbaine de la ville de Pau

Pau à la carte

Pau

La parution récente d'un atlas palois dans la collection des Atlas historiques des villes de France, après un atlas bordelais ou agenais, contribue à l'étude cartographique, historique et comparative des villes-têtes d'Aquitaine. Cette publication s'insère dans un programme de recherches actuellement mené par l'Université Bordeaux-Montaigne et l'institut Ausonius, soutenu par la région Nouvelle-Aquitaine pour réaliser de nouveaux Atlas. Périgueux, Mont-de-Marsan et Bayonne suivront Bordeaux, Agen et Pau, apportant leur concours à l'analyse croisée des causes et conséquences de l'évolution morphologique et historique des villes. [Fig1].

Rassemblées pour l'Atlas de Pau, les ressources humaines, historiques, iconographiques sont nombreuses et intéressantes pour leur complémentarité. Universités de Pau et Bordeaux, Inventaire général du patrimoine culturel, Archives, archéologie préventive, des chercheurs et intervenants de tous horizons livrent le résultat de leurs découvertes dans cet ouvrage collectif. Ces ressources ont mis en lumière des faits souvent inédits.

L'atlas palois est ainsi composé d'un plan, d'une synthèse générale portant sur la fabrique urbaine et de notices de sites et monuments. Le plan est une transcription sur Système d'Information Géographique du cadastre de 1812, dit napoléonien [Fig2]. Ce plan a été choisi car il représente la ville à un moment où elle n'a pas encore été trop transformée par les aménagements des 19e et 20e siècles, majeurs pour Pau. Il est nourri, entre autres, par les données portant sur la nature des parcelles conservées dans les documents cadastraux. Sont représentés la ville, ses grandes phases de croissance, les sites et monuments urbains par époque de construction.

La synthèse générale tente de décrypter les principales étapes durant lesquelles un gué sur le Gave sommé d'un éperon devient un bourg castral puis une capitale et une ville-tête, depuis ses origines jusqu'à nos jours. Cinquante-cinq sites et monuments publics construits à la date du plan ont enfin été répertoriés. Pour la plupart disparus, ils ont été restitués quand la documentation rendait ce travail possible. L'étude du château, du camp batalher, de l'église Saint-Martin, des places ou des cimetières urbains éclaire ainsi la vie politique, religieuse, sociale ou culturelle de la cité. [Fig3 et Fig4].

De bonnes surprises sont nées de la relecture des sources passées au filtre de la "fabrique urbaine", qu'elles soient textuelles, cartographies ou cadastrales, la redécouverte du tracé des différentes fortifications par exemple. Elles proviennent aussi des récentes recherches archéologiques ou historiques, comme le résultat des fouilles de la place Clemenceau, sur l'emplacement de l'ancien cimetière paroissial. L'existence d'un paysage de passage dès la proto-histoire ayant favorisé l'émergence du bourg castral dominant le Gave et sa vallée, la centralité du site dans un Béarn en construction ou l'émulation politique sont autant de facteurs qui ont façonné Pau.

La disparition progressive des vestiges médiévaux et modernes avant le 19e siècle a en partie effacé la mémoire d'anciens couvents ou des tout premiers équipements publics de la communauté naissante (maison commune, école, pilori...). Elle clame aussi l'émergence d'une ville peut-être plus contemporaine que ses semblables, ayant quasiment fait table rase des traces les plus anciennes de son passé.

Cécile Devos

 

Pour en savoir plus :

Découvrir la présentation de l'opération dédiée à l'étude urbaine de la ville de Pau.

Découvrir et commander l'atlas sur le site des éditions Ausonius.

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