Publié le 25 août 2020 dans Étude urbaine de la ville de Pau

Le "Chalet pyrénéen" : illustration du phénomène des Castors à Pau

Pau, Operations

Nicolas Lévy, bachelier ES 2020 et futur étudiant en école de commerce, témoigne de son travail d'inventaire du patrimoine sur le lotissement des Castors de Pau, effectué dans le cadre de son emploi d'été (juillet 2020), pour la Ville de Pau et le Service Ville d'art et d'histoire.

Dans les années 1950, le « phénomène des Castors », mouvement coopératif d’auto-construction, fait naître à Pau un nouveau quartier. Ce mouvement fait suite à la crise du logement en France après la Seconde Guerre Mondiale : les « Castors » se regroupent alors en associations et mettent en commun leurs ressources humaines, techniques et financières afin d’acheter un terrain et d’y bâtir leur propre logement.

L'association "Amicale des Constructions Paloises - Chalet pyrénéen" est créée dans le but de  construire à Pau un lotissement reprenant la formule des Castors, mouvement d'auto-construction coopératif fondé sur le principe de l'apport-travail. Le projet de lotissement comprend 53 maisons destinées à des personnes aux ressources modestes et désirant construire elles-mêmes leur habitation en profitant des aides et avantages mis en place par différentes institutions : par exemple les garanties offertes par la Ville de Pau ou le prêt d’assurances (« Compagnie d’Assurances Générales sur la Vie» et la « Nationale-Vie »). L'urbaniste Romain Delahalle et l'architecte André Grésy signent le projet en 1954.

Le travail d'inventaire nécessite de fournir une documentation photographique pour illustrer le plus complétement possible le lotissement en question. J'ai donc eu l'opportunité de découvrir et d'utiliser un banc de reproduction permettant d’obtenir un éclairage adapté ainsi qu'une bonne stabilisation pour la photographie de plans architecturaux anciens. La méthode pour utiliser ce « banc » est très simple. Il faut d'abord fixer son appareil photo à la colonne afin qu'il reste stable. Il convient ensuite de déposer le document en question sur la "table". Les étapes suivantes consistent en l’ajustement de la position des néons éclairants pour éviter les reflets et obtenir une lumière diffuse, au réglage de la hauteur de l’appareil et enfin à la prise de la photographie.

La majorité des documents reproduits sont des plans et des dessins de maisons de type F4 (maison comprenant 4 pièces hors cuisine, salle de bain et toilettes) et F5 (5 pièces hors cuisine, salle de bain et toilettes) extraits de différents permis de construire. Ces plans présentent l’agencement des pièces ainsi que les différentes façades. La superficie moyenne habitable des F4 du lotissement s’établit à 68 m² en rez-de-chaussée et 80 m² pour les F5 en rez-de-chaussée ou répartis sur deux niveaux. Les maisons sont construites en béton, en pierre, parfois partiellement bardées de planches de bois.

Notons que l'apparence générale de ces maisons s’inspire des silhouettes des chalets pyrénéens, avec leurs profils, souches de cheminées ou « trous d'envol ». Elles sont toujours visibles aujourd'hui rues Chopin, Berlioz et Mozart.

  • Nicolas Lévy

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