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Chavat : de marbre, de bronze et de verdure

Introduction

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  • Domaine de Chavat - Garonne et Chavat depuis la rive droite © Région Aquitaine, Inventaire général, M. Dubau, 2006
  • Buste de François Thévenot : visage © Région Aquitaine, Inventaire général, M. Dubau, 2003
  • Maison du gardien depuis le sud-ouest © Région Aquitaine, Inventaire général, M. Dubau, 2009
  • Plan du jardin, calque, par Henri Marmisse, 1916. Archives privées
  • Maison de retraite. Intérieur : lits, lavabos. Cartes postales [1934-1937] © Région Aquitaine, Inventaire général, reproduction Bernanrd Chabot, 2003
  • Escalier en rocaille, angle nord du jardin © Région Aquitaine, Inventaire général, M. Dubau, 2009
  • Terrain de tennis, photographie [1917-1934]. Archives privées
  • Serres : ensemble © Région Aquitaine, Inventaire général, H. Virepinte (1983) et M. Dubau (2008)
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Situé en bord de Garonne, le domaine de Chavat fut aménagé au début du XXe siècle pour François Thévenot, riche industriel, dont le père est venu s’installer à Bordeaux à la fin du XIXe siècle. La petite fonderie familiale fabriquait des chaudières pour les machines à vapeur des industries en développement (verreries, faïenceries…). Reprenant à 22 ans l’entreprise familiale, François Thévenot étend ses activités à la métallurgie et aux travaux publics. Il poursuit une carrière internationale et s’intéresse aux cultures des pays où son métier le conduit, tant en Chine qu’en Italie.
C’est le 19 avril 1915 que François Thévenot acquiert le domaine de Chavat pour y établir sa demeure. Démolition, travaux de terrassement et reconstruction sont menés rapidement. Les murs en appareil rustique du château répondent à ceux de la maison du gardien et de la terrasse sur le fleuve. Dès 1916, l’architecte paysagiste parisien Charles Bouhana réalise un plan aquarellé et orné du jardin d'agrément, que met en œuvre, sans doute, l'architecte bordelais Henri Marmisse.
Au début des années 1930, François Thévenot rencontre d’importantes difficultés financières et doit se séparer d’une partie de ses biens. En 1934, il vend le domaine de Chavat à la municipalité podensacaise qui désire y créer son « hospice pour vieillards ». Le jardin ouvre au public et la maison de retraite occupe le château jusqu’en 1999.
Force est de reconnaître que le site a subi de multiples dégradations. Les tempêtes de 1999 et 2009 ont meurtri le jardin en abattant de nombreux arbres. La disparition de certains marbres et bronzes majeurs, les mutilations ou les actes de vandalisme ne suscitent pas la réaction que mériterait un ensemble aussi original et cohérent que le jardin Chavat.

Autour du château décentré au nord-ouest, le jardin, de type mixte, s’étend sur plus de 5 hectares. Une allée droite sépare le jardin régulier, en terrasse sur le fleuve, du jardin paysager qui se développe sur les deux tiers de la surface, au-delà de l’entrée en angle, côté village. Là, ceinturées par une allée haute, les allées tournantes se croisent, formant un cercle autour de la perspective d’entrée et une ellipse autour d’une serpentine avec son plan d’eau. Côté fleuve se succèdent les espaces au tracé géométrique des tennis, du jardin floral et de salles de verdure encadrant un tapis vert. Au fil des couverts et des découverts, des compositions statuaires ponctuent la promenade et la réflexion. Ces marbres blancs et ces bronzes en provenance d’Italie sont des copies de l’Antiquité gréco-romaine et de la Renaissance italienne ou des créations s’en inspirant. La majorité des marbres est signée d’Ernesto Gazzeri ; quelques bronzes portent la marque de la fonderie romaine Nelli, l’un étant signé Pio Welonski.

Au nord, un escalier en rocaille précède la porte percée dans le mur de soutènement qui permet d’accéder au chemin de halage. A l’est, un terrain de tennis complétait le site ; deux tennis municipaux occupent actuellement l’emplacement.

A l’extérieur de l’enceinte du jardin, des serres, un jardin potager (disparu), une centrale électrique (démolie) et un château d’eau venaient compléter cet ensemble. Pour réaliser ce dernier, Thévenot fait appel en 1917 à un jeune architecte, Charles-Edouard Jeanneret, qui prendra deux ans plus tard le pseudonyme de Le Corbusier.

Françoise Zannese, chercheur au service régional du patrimoine et de l’Inventaire – Région Aquitaine
Joëlle Deyres, correspondante jardin à la conservation régionale des Monuments historiques