Les univers du château d’Abbadia

L’Ethiopie : une source d’inspiration d’exception

Vue générale du vestibule
Vue générale du vestibule

L’une des originalités de l’éclectisme d’Abbadia repose sur ses sources d’inspiration éthiopiennes, inédites dans les décors occidentaux de l’époque.

En raison de ses voyages d’exploration, Antoine d’Abbadie manifesta un attachement profond envers l’Ethiopie dont il devint un éminent spécialiste. Il séjourna durant onze ans dans ce pays où il était considéré comme un mamhir, à savoir un vénérable savant. Son objectif de découvrir les sources du Nil impliquait d’effectuer des relevés géographiques et astronomiques mais aussi de procéder à des entretiens systématiques avec la population locale.

Ainsi, en plus de glaner des informations nécessaires à sa quête, il réunit une masse impressionnante de matériaux ethnographiques toujours utiles de nos jours pour l’étude du peuple éthiopien. Il réalisa entre autres la première cartographie de la Haute-Ethiopie (1860-1873) et le premier dictionnaire de traduction amharique-français compilant 15 000 mots (1881). Il rassembla, de plus, une importante collection de près de 300 manuscrits éthiopiens.

Son château témoigne de cette passion constante pour l’Ethiopie, en présentant des collections d’objets utilitaires et de trophées de chasse, qui, toutefois, correspondent au stéréotype des collections islamiques plus fréquentes. D’Abbadie s’investit particulièrement dans la création des décors du vestibule qui représentent des scènes de la vie éthiopienne contemporaine et forment un fidèle compte-rendu de ses études ethnographiques. Quant aux calligraphies éthiopiennes, elles comptent parmi les nombreuses inscriptions en quatorze langues qui décorent emblématiquement l’édifice.