Les univers du château d’Abbadia

L’ermitage romantique et le Moyen Age retrouvé

Vue aérienne vers la Rhune
Vue aérienne vers la Rhune
Vue ancienne à travers les arbres, photographie, 1896
Vue ancienne à travers les arbres, photographie, 1896

Le domaine attenant au château d’Abbadia comptait 415 hectares en 1897. A partir des années 1850, il fut aménagé par le paysagiste Eugène Bühler, auteur, entre autres, du parc de la Tête d’Or à Lyon et du parc Bordelais.

Comme à son habitude, celui-ci conjugua les massifs arborés, les étendues de prairies et les sentiers sinueux dans l’esprit du jardin anglais afin de créer un paysage illusoirement sauvage et de favoriser les déambulations promptes à la rêverie.

Il y associa en outre les terres cultivées par les métayers de d’Abbadie, composant ainsi un authentique parc paysager agricole, à la mode chez les propriétaires terriens de tradition monarchiste.

Dans ce projet créatif, Bühler fit du futur château le point d’orgue de son œuvre en en définissant, en concertation avec d’Abbadie, la localisation sur le point culminant du domaine.L’architecture néogothique s’inscrit ainsi dans un paysage apparemment naturel et indomptable en harmonie avec la vision du Moyen Age véhiculée par le XIXe siècle.

D’ailleurs, la plupart des éléments emblématiques de l’époque médiévale sont déclinés à Abbadia : tourelles, créneaux, formes à ogive, bestiaire sculpté, faux-mâchicoulis, armoiries, lit à baldaquin… comme dans un livre de Hugo ou de Walter Scott.

L’édifice et son domaine témoignent en effet de la vision romantique des d’Abbadie sur cette époque reculée et méconnue promue par les littérateurs comme Chateaubriand, Lord Byron ou Scott qu’ils admiraient.

Le couple appréciait se retirer en ce lieu de villégiature dont il aimait l’isolement. Là ils se plaisaient à arpenter les sentiers du domaine et à rêver d’un Moyen Age chevaleresque.