Orfèvrerie des églises des Landes

Introduction

Calice et patène (Léon Dupouy, Bordeaux, 1819-1838)
Calice et patène (Léon Dupouy, Bordeaux, 1819-1838)

L’inventaire en cours de réalisation du patrimoine mobilier public des Landes est aujourd’hui parvenu à mi-chemin. Principalement consacré, par sa nature même, aux meubles et objets cultuels, il a déjà permis d’étudier près de 1500 pièces d’orfèvrerie religieuse, d’époques et d’intérêt variés. Même si certains ensembles majeurs – au premier rang desquels les « trésors » des cathédrales d’Aire et de Dax – restent encore à explorer, ce corpus a paru d’une ampleur suffisante pour risquer les premières conclusions, au moins statistiques, de l’enquête.

Cette sélection se propose de donner un aperçu, le plus fidèle possible, de l’extension chronologique et géographique de ces objets. La plupart répondent à la définition généralement admise du terme d’orfèvrerie, qui désigne « diverses catégories d'objets en métal précieux, essentiellement or ou argent, destinés par nature à agrémenter certains aspects de la vie religieuse ou civile […], même si des émaux, des perles et des pierres précieuses en complètent éventuellement la décoration » (G. Mabille).

Ont été choisis des objets composés majoritairement d’argent, servant à la célébration eucharistique (calice, patène, ciboire, burettes) ou plus généralement à l’exercice du culte (ostensoir, encensoir et navette), enfin aux pratiques dévotionnelles (reliquaire, baiser de paix, croix de procession). Les pièces dépourvues de toute marque ou au poinçon non identifié n’ont pas été prises en compte, pour la commodité et la fiabilité de l’analyse. Font exception toutefois les œuvres subsistantes de l’Ancien Régime : leur rareté même justifie une attention particulière, qui ne reflète pas leur importance quantitative réelle à l’intérieur du corpus. En revanche, la production des 116 orfèvres du XIXe et de la première moitié du XXe siècle repérés dans le département appelle, par son abondance et son caractère parfois répétitif, un regard plus froidement objectif. Il restera enfin à se pencher, dans un proche avenir, sur les objets liturgiques les plus récents, issus pour partie des réformes du concile de Vatican II ; des œuvres, il est vrai, de plus en plus éloignées de l’art de l’orfèvrerie au plein sens du terme.

Jean-Philippe Maisonnave - chercheur au service du Patrimoine et de l’Inventaire – Région Aquitaine