Le souvenir des morts de la Grande Guerre dans les églises des Landes

La mémoire au filtre de la religion

Monument aux morts. Vers 1920. Onesse-et-Laharie, église Saint-Jean-Baptiste d'Onesse. (c) Région Aquitaine - Inventaire général - M. Dubau

Le caractère religieux, sinon proprement confessionnel, que revêt la majorité de ces mémoriaux semble aller de soi. Si cette dimension n’est pas absente des monuments civils, par le biais d’une imprégnation diffuse de l’iconographie chrétienne, elle est, comme de juste, plus affirmée dans le cas d’objets destinés à figurer dans des édifices cultuels, il est vrai le plus souvent dans leurs annexes (porche, avant-nef ou chapelles latérales) ou à leur périphérie (cimetière).

La rareté des sources écrites, qui contraste avec les archives abondantes documentant les monuments publics, laisse habituellement dans l’ombre l’identité du ou des initiateur(s) de la commande, quand bien même celle-ci doit toujours être soumise à l’approbation du desservant et, au moins en théorie, de la commune, propriétaire des lieux depuis 1905. Dans les rares cas où la qualité sacerdotale du commanditaire est attestée (comme celle du curé Laforcade à Lit-et-Mixe ou de l’abbé Dabadie à Onesse), la connotation religieuse est, à l’évidence, particulièrement marquée, mais on peut en dire tout autant de certains donateurs laïcs – familles de paroissiens ou associations locales d’anciens combattants. Cette particularité explique aisément, outre le dolorisme dominant de ces représentations, l’absence presque totale du bellicisme ou de l’esprit "revanchard" qui transparaît souvent dans les thèmes choisis pour les monuments communaux (France guerrière au regard foudroyant, aigle prussien foulé aux pieds, fantassin montant à l’assaut, etc.). Nulle trace non plus de pacifisme au sens politique du terme, mais une résignation toute chrétienne devant la fatalité écrasante de la guerre, dans l’espérance constamment remémorée d’un au-delà salvateur.