Les maisons de campagne autour de Bordeaux

L'épreuve du temps

Maison de Fanning-Lafontaine à Bègles
Maison de Fanning-Lafontaine à Bègles

Beaucoup de maisons de campagne de la banlieue bordelaise ont été détruites. De certaines, il ne reste que quelques vestiges isolés. Peu subsistent dans leur état primitif et ont gardé leur fonction originelle. La plupart ont perdu complètement ou partiellement le domaine agricole, le parc ou le jardin, les dépendances, qui les accompagnaient. Le développement de Bordeaux et l’urbanisation des communes périphériques jadis rurales, l’industrialisation de certaines zones, ont été les causes principales de ces destructions et mutilations qui ont commencé tôt, se sont accélérées à la fin du XIXe siècle et au XXe et continuent aujourd’hui. Les bâtiments qui ont été conservés, plus ou moins bien intégrés dans le tissu urbain, ont été souvent modifiés voire reconstruits au cours des siècles par des propriétaires soucieux de les mettre au goût du jour, ce qui explique la rareté de ceux qui remontent au XVIe ou même au XVIIe siècle. Quand ils sont restés jusqu’à nos jours des demeures privées, ils ont continué à évoluer surtout dans leurs dispositions intérieures pour s’adapter à de nouveaux modes de vie. Quand ils ont changé d’affectation, les transformations, sauf exceptions notables, ont été encore plus radicales et parfois désastreuses, même quand l’intention de restaurer était louable. A la fin du XVIIIe siècle, certains furent convertis en fabriques. Après la Révolution plusieurs de ces bâtiments, proches de la ville, devinrent des guinguettes ou lieux de plaisir. Il y a actuellement d’anciennes maisons de campagne devenues hôpitaux, maisons de retraite, établissements scolaires, casernes, mairies, bibliothèques, centres culturels, sièges d’entreprises commerciales ou industrielles. Bien qu’amoindri et souvent dénaturé, ce patrimoine encore considérable est l’une des originalités et l’un des charmes de la région la plus proche de Bordeaux.

P.R.