Les maisons de campagne autour de Bordeaux

Le décor intérieur

Cheminée du château de Lestonnat à Gradignan
Cheminée du château de Lestonnat à Gradignan

Plus encore que l’architecture, le décor intérieur est soumis aux changements de société, aux caprices du goût et de la mode, aux variations du temps. Le respect de la vie privée empêche également d’aller bien avant dans la connaissance des dispositions et du décor intérieur pourtant si révélateurs de la vie que l’on menait dans les maisons de campagne. Il est certain cependant que les aménagements étaient très différents selon qu’il s’agissait du modeste « bourdieu » d’un membre de la moyenne bourgeoisie ou du château d’un richissime banquier ou d’un grand armateur. Quoi qu’il en soit, cheminées de pierre ou de marbre du XVIIe au XIXe siècle parvenues souvent intactes, lambris de hauteur simplement moulurés ou richement sculptés, stucs répétitifs, rosaces de plafond ou décor de trumeau, très rarement décor ou papier peint, statues de série reprenant des modèles antiques s’inscrivant dans des niches des salons ou des salles à manger, tout cela témoigne d’une qualité toujours recherchée. L’album de Marcheboeuf sur le château Quadrille donne pour 1820 une idée très suggestive d’un aménagement luxueux et confortable, permettant de développer un art de vivre en société tout en goûtant les simples joies familiales. D’ailleurs, l’attrait de la sortie sous les charmilles des « bourdieus » représente la nécessaire rupture des rythmes quotidiens : « mais allons demain dîner à la campagne où nous serons 20 à 25… il y a comme vous voyez de jolies dames, et ce qu’il faut pour égayer les parties, nous avons Fanchon comme cuisinière » (lettre du négociant Jauge, 1773). Parfois un négociant ouvrait sa propriété au public. A Raba, « il y a un jardin d’agrément (…) dans lequel le public est admis » (Bernadau, 22 août 1782).

J-C.L.