Le prieuré de Cayac : dans les pas des pèlerins

Sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle

Vue du passage entre l’église, à gauche, et le prieuré
Vue du passage entre l’église, à gauche, et le prieuré
Façade occidentale de l’église de Cayac
Façade occidentale de l’église de Cayac

Empruntant l’axe nord sud de l’ancien tracé de la voie romaine militaire de Trajan, Cayac devient à partir du XIIIe siècle une étape de la Via Turonensis (voie de Tours) pour les pèlerins en route pour Compostelle.

Sa construction, que l’abbé Baurein situe en 1229, ne semble relever d’aucun ordre particulier mais bien d’une demande des instances municipales bordelaises de repousser aux limites de faubourgs encore mal délimités la création d’un établissement charitable. Plusieurs sources suggèrent qu’un ancien maire de Bordeaux, Amauvin de Dalhan, en a conduit la construction.

L’établissement abandonne en partie, en 1304, sa vocation hospitalière – les pèlerins continuent d’être accueillis - pour devenir un prieuré. Il devient alors une véritable propriété foncière administrée par un prieur, payant la dîme au chapitre de Saint-André et recevant des dons de particuliers désireux d’assurer leur salut. En 1618, le cardinal François de Sourdis, prieur de Cayac, se démet de l’hôpital-prieuré au profit des chartreux de Notre-Dame de la Miséricorde de Bordeaux qui s’empressent d’investir les lieux, apparaissant plus soucieux de leur bien-être que de celui des miséreux.

Les guerres de la Fronde donnent l’occasion au duc d’Épernon d’y conduire un siège puis un assaut pour déloger quelques paysans restés fidèles au Parlement de Bordeaux et qui avaient trouvé asile dans le prieuré. Cet épisode guerrier de 1649 fut la cause de dommages matériels affectant certaines parties de l’édifice. En 1666, un contrat passé entre le prieur du moment, Jean de Boyer, et un maître-maçon, Jean-Paul de Sainte-Eulalie, encadre la construction de "cuvier, chay, escurie, le grenier à foing dans la maison du prieur" mais prévoit également la destruction  "[de] toutes les vieilles murailles qui ne peuvent pas servir à la construction du nouveau bastimen […] et mettre par terre conjointement avec les charpentiers la gallerie quy est entre l’esglise dudit prieuré et la maison en dépendant".