Le prieuré de Cayac : dans les pas des pèlerins

Des édifices qui cherchent leur voie

Vue générale du prieuré
Vue générale du prieuré
Le site de Cayac aujourd’hui restauré est redevenu piéton
Le site de Cayac aujourd’hui restauré est redevenu piéton

Avec le XVIIIe siècle, l’engouement pour les pèlerinages s’éteint doucement tandis que les rares visites de l’archevêque de Bordeaux soulignent un laisser-aller dans l’entretien de l‘édifice et une dégradation du bâti. L’église est désaffectée en 1731 et plus aucun service religieux n’y est assuré. Vendu comme bien national en 1793, le prieuré perd définitivement sa vocation religieuse et hospitalière. Le site n’est pas abandonné pour autant, puisqu’un dénommé Seguette se voit accorder en 1837, la permission d’ouvrir un four de verrier. La verrerie ne fonctionne que quelques années, une destruction accidentelle par le feu mettant fin aux espoirs de développement industriel de l’ancien prieuré. Un rapport d’inspection des Monuments historiques en 1840 note que le four a été construit dans la nef et que "dans la partie orientale se trouvait le chœur ; cette partie a été démolie il y a environ vingt-cinq ans".

Plusieurs édifices composant cet ensemble de Cayac ont souffert de l’installation et du fonctionnement de cette verrerie au XIXe siècle. Durant un siècle différents propriétaires se succèdent, dont la famille de négociants bordelais Calvet. C’est à son initiative qu’en 1937 l’ensemble est inscrit au titre des Monuments historiques (l'ensemble formé par l'église prieurale et le bâtiment accolé au bas-côté sud [cad. AK 907], sera pour sa part inscrit par arrêté du 22 décembre 1987). Durant l’Occupation, le prieuré est réquisitionné par l’armée italienne pour servir d’atelier de mécanique

En 1980, le développement du trafic routier et l’augmentation du nombre d’accidents au cœur des vestiges détruits incitent la municipalité de Gradignan à acquérir l’église et une partie des terres (le château-prieuré et ses dépendances suivront en 1988). La route nationale est d’ailleurs déviée à partir de 1981. Depuis trente ans, plusieurs campagnes de fouilles ont été entreprises et diverses restaurations conduites avec le soutien, entre autres, du Conseil régional d’Aquitaine. Aujourd’hui, l’ancien hôpital de Cayac a retrouvé sa vocation d’accueil des pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques.