Le lycée Grand Air d’Arcachon

Le bon air pour tous

Les loggias pouvaient servir aux exercices physiques
Les loggias pouvaient servir aux exercices physiques
Les grandes baies à guillotine du réfectoire donnent sur la forêt
Les grandes baies à guillotine du réfectoire donnent sur la forêt

Les vertus de l’air balsamique et de l’air marin d’Arcachon sont vantées par les médecins, dés la fin du XIXe siècle. Des thèses de médecines, des conférences, des colloques cherchent alors à en démontrer les bienfaits. Les préoccupations de santé publique s’adressent à tous et en particulier à la jeunesse. Le ministère de l’Éducation nationale participe à cette réflexion.

Les archives municipales d’Arcachon conservent les délibérations du Conseil municipal depuis la création de la commune en 1857. Lors de la séance du 21 Aout 1896, des vœux furent exprimés par des élus. Le docteur Joseph Pauliet propose entre autres « d’obtenir du gouvernement la création d’un lycée, sorte de sanatorium pour les maîtres et les élèves et principalement destiné à ceux qui arrivent de nos colonies ou de l’étranger ne s’acclimatant que difficilement au climat de la France ».

Réinscrite dans la séance du 26 novembre 1896, la proposition du docteur Pauliet est approuvée à l’unanimité.

Dans son ouvrage Arcachon de A à Z Michel Boyé évoque pourtant à propos de cette suggestion « l’immobilisme des collègues élus » du docteur Pauliet, qui est poussé à fonder un comité d’initiative pour le lycée climatique en 1902.

Les deux guerres mondiales interrompent le projet. Des « annexes de guerre » sont créées en 1939 : des lycéens locaux et bordelais, notamment ceux du lycée Michel Montaigne, sont accueillis à Arcachon. La villa Graigcrostan, dans la ville d’Hiver, est louée pour recevoir les élèves en internat. Après la Seconde Guerre, des instructions ministérielles prescrivent la suppression de ces annexes. Des parents d’élèves demandent et obtiennent de la municipalité le maintien de l’annexe du lycée Michel-Montaigne à Arcachon.

L’idée du lycée fait son « très long » chemin. Le docteur Monod, conseiller municipal, présente un rapport relatif à la création d’un « Lycée climatique d’expérience » lors de la séance du Conseil municipal du 26 janvier 1945. Le docteur fait alors l’historique complet du projet. La création du lycée climatique ne verra officiellement le jour que plus tard, par un arrêté ministériel du 17 juillet 1945.

Le docteur Monod était un fervent adepte des théories hygiénistes nées au cours du XIXe siècle. Il est, par exemple, désigné par le Conseil municipal pour assister aux « États généraux du thermalisme et du climatisme » tenus à Paris en mars 1947.