La cathédrale de Bordeaux

Introduction

Chevet et tour Pey-Berland
Chevet et tour Pey-Berland

Selon la tradition hagiographique, saint Martial, évangélisateur d’une partie de l’Aquitaine et premier évêque de Limoges, dont la légende fait un cousin de saint Pierre, aurait dédié la première église métropolitaine à saint André le jour du martyre de l’apôtre à Patras (Grèce) en 60 de notre ère. Or Martial a semble-t-il vécu au IIIe siècle. Le premier évêque bordelais connu, Orientalis, assiste au concile d’Arles en 314. L’édifice en tant que cathédrale est cité en 814 et faisait alors partie du groupe épiscopal comprenant les églises Saint-Sauveur et Notre-Dame de la Place. L’édifice fut peut-être détruit par les Normands en 848, ce qui expliquerait l’interruption de la liste des évêques jusqu’à la fin du Xe siècle. A partir de l’installation au cours du XIe siècle des reliques de saint Macaire dans la cathédrale et la consécration d’un nouvel édifice en 1096, et malgré la concurrence, jusqu’au XIIe siècle encore, de la collégiale Saint-Seurin qui possédait des reliques insignes, la cathédrale Saint-André prend vraiment sa place de primatiale. Sa juridiction s’étendit même au XIVe siècle sur les diocèses d’Agen, Périgueux, Angoulême, Saintes et Poitiers.

L’église primatiale d’Aquitaine a été élevée dans l’angle sud-ouest du castrum romain, entre les ruisseaux du Peugue au sud et de la Devèze au nord. Cette situation et la présence jusqu’en 1771 sur ses côtés nord et ouest des bâtiments de l’archevêché ne lui ont pas permis de déployer une façade occidentale, qui tournait de surcroît le dos à la ville ancienne. La cathédrale a été consacrée en 1096 par le pape Urbain II, sans qu’on sache jusqu’où était alors parvenue sa construction. L’édifice visible aujourd’hui a fait l’objet de plusieurs campagnes de reconstruction à partir du XIIe siècle.

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Catherine Duboÿ-Lahonde
Chercheur émérite au service régional du patrimoine et de l’Inventaire