Hôtels de Lamolère et Raby : un écrin pour le patrimoine aquitain

Un programme immobilier du XVIIIe siècle

loupeBordeaux d'après le plan de Lattré, 1733
Bordeaux d'après le plan de Lattré, 1733
loupeDistribution des terrains du château Trompette
Distribution des terrains du château Trompette

Le plan dit de Lattré montre l’importance de l’emprise de l’ancien Château Trompette sur le territoire de la ville de Bordeaux. Le Grand-Théâtre et l’opération urbaine de l’îlot Louis, dirigée par l’architecte parisien Victor Louis et dont font parties les hôtels Lamolère et Raby, débutent à la fin du XVIIIe siècle sur les glacis du château, vers le sud.

À la fin de la Guerre de Cent Ans et après l’annexion de la Guyenne au royaume de France en 1453, Charles VII avait décidé d’établir, aux extrémités de la ville, le Château Trompette et le fort du Hâ (au nord-est et au sud-ouest des remparts). Il s’agissait à la fois de protéger la province gasconne contre une nouvelle offensive anglaise mais aussi de soumettre les Bordelais à l’autorité royale. Aux XVIe et XVIIe siècles, la menace extérieure de l’Espagne et de l’Angleterre incita Louis XIV à renforcer les fortifications bordelaises. Le fort Sainte-Croix fut alors édifié (1676) alors que le Château Trompette était entièrement remanié.

À la fin du XVIIIe siècle, Bordeaux n’a plus de velléité de révolte ; le Château Trompette se présente alors comme un obstacle à l’expansion urbaine.

L’investissement des glacis du château commence dès le milieu du XVIIIe siècle sous l’intendance de Tourny. Afin de doter Bordeaux d’une salle de spectacle, des lettres patentes de 1773 portent concession à la Ville de grands terrains pris sur les glacis sud pour l’édification d'un théâtre.

Des travaux de destruction de certains éléments du Château Trompette ont lieu dès 1785, mais la démolition systématique ne commence réellement qu'à partir de 1812. Une ordonnance royale de 1816 prescrit d’achever la démolition. Les fondations et parties souterraines ont été recouvertes et constituent aujourd’hui les substructions de la place des Quinconces.