Hôtels de Lamolère et Raby : un écrin pour le patrimoine aquitain

Un des commanditaires : Jean-Baptiste de Lamolère

Domaine de Sibirol à Floirac, ayant appartenu à la famille de Lamolère
Domaine de Sibirol à Floirac, ayant appartenu à la famille de Lamolère

Contrairement aux lignages bordelais d'extraction ancienne, comme les Leberthon, Pichard, Darche, Dudon ou Casaux, les familles Lamolère, Fonfrède ou Gobineau étaient d'une noblesse récente. Les Lamolère ont possédé et géré des domaines, à Floirac notamment, qui leur ont assuré un train de vie somptueux et leur ont permis de se rendre acquéreur d'un terrain dans le quartier le plus prestigieux de la ville pour y faire édifier un hôtel particulier construit par l’architecte du Grand-Théâtre. Leur richesse leur a aussi donné la possibilité d’acheter des terres et des charges anoblissantes.

Jean-Baptiste de Lamolère né en 1734, fut reçu Conseiller au Parlement de Bordeaux en 1759 ; il siégea à la Première Chambre des enquêtes jusqu’en 1777. Son aïeul Bernard Lamolère, avocat, était receveur au Bureau de Libourne, alors que son oncle Bernard de Lamolère de Sibirol fut Directeur de la Monnaie de Bordeaux de 1714 à 1737. Jean-Baptiste épousa Madeleine de Godet-Dubrois, créole de la Guadeloupe, en 1770, en l’église Sainte-Eulalie de Bordeaux. Ils eurent une fille, Claire-Nicole de Lamolère, qui épousa en 1790 en l’église Saint-Seurin, Marie-Joseph-Jean-Jacques de Sans, écuyer, propriétaire à Saint-Domingue. Les alliances matrimoniales étaient également le moyen d’intégrer la noblesse et de trouver par ailleurs l’honorabilité et les appuis indispensables qu'imposait la vie dans la bonne société.

À la veille de la Révolution, Jean-Baptiste de Lamolère est l’une des plus grosses fortunes sucrières de Bordeaux. La famille possède d’importants biens dans les "îles". En 1792, apprenant que ses propriétés des colonies ont été brûlées, l’ancien parlementaire part avec femme et enfants pour Londres, puis s’embarque à destination du Cap-Français (aujourd’hui Cap-Haïtien) où il arrive en 1793. Fuyant les troubles, avec les autres colons, il se réfugie sur la côte américaine pour reprendre le bateau vers la Hollande. Considéré comme émigré, il ne peut rentrer en France. L’hôtel particulier de la place Richelieu est vendu le 16 prairial an III de la République comme bien national pour 126 000 livres. Lorsqu’il est amnistié en l’An VII, il retourne dans son pays où il ne possède plus rien.