Entre-deux-Mers - moulins

Conclusion

Moulin de Piis à Bassanne - détail d'une archère
Moulin de Piis à Bassanne - détail d'une archère

Le cadre souvent idyllique et bucolique des moulins à eau suscite régulièrement beaucoup d’engouement. Inutilisés, ces édifices sont devenus de simples habitations à vocation résidentielle.

Nombre de propriétaires, peu enclins à prendre en considération la spécificité technique et historique de leurs bâtiments, n’assurent pas l’entretien du bief, des berges et des ouvrages hydrauliques associés à leur moulin.

Devant le risque accru d’inondations et de litiges, les communes se sont constituées en syndicats intercommunaux chargés de se substituer aux riverains. Les enjeux environnementaux et économiques de notre société et de notre temps ont conduit, surtout depuis une dizaine d’années, institutions, entreprises et particuliers à valoriser l’énergie hydraulique des cours d’eau sous forme de production hydroélectrique. Pourtant, rares sont les projets de particuliers débouchant sur des réalisations économiquement rentables et techniquement fiables.

Ce n’est qu’après avoir pris connaissance de la législation frappant le moulin que peut être envisagé le potentiel de production qui exige, entre autres, de connaître les volumes et la variabilité des débits, les hauteurs de chute ou encore les caractéristiques des turbines. Le ratio entre le potentiel de production et les coûts d’investissement élimine donc forcément les petits porteurs de projet sur des cours d’eau au débit inférieur à 2m3 par secondes. Pour autant, le retour en grâce des moulins à eau ne pourra jamais se faire que de façon limitée : le débit des cours d’eau, notamment en Entre-deux-Mers, ayant largement diminué depuis cinquante ans, les petits moulins ne pourront jamais plus utiliser l’énergie hydraulique à des fins de production.

Se pose alors en contrepoint la question du devenir des installations aujourd’hui non utilisées et situées sur des cours d’eau plus importants (avec des débits compris entre 5 et 30 m3/sec) comme l’Isle, la Baïse, la Gélise, les gaves de l’Adour ou la Midouze. A condition d’envisager leur réhabilitation dans le cadre d’actions de développement local et durable de soutien à la filière de production céréalière biologique, ces gros moulins pourraient à nouveau produire des farines économiquement rentables.