Cadillac pittoresque : le regard d'Henri Maignan (1815-1900)

L’artiste et son temps

FAITES GLISSER LE CURSEUR À DROITE ET À GAUCHE
Porte de la Mer 
A GAUCHE: dessin par Gustave Labat, 1860 (A.M. Bordeaux : recueil 134). © Région Aquitaine, Inventaire général, Brenard Chabot, Michel Dubau, 1977 - A DROITE : Photo © Région Aquitaine, Inventaire général, Michel Dubau, 2008
FAITES GLISSER LE CURSEUR À DROITE ET À GAUCHE
Porte de la Mer
A GAUCHE: dessin par Gustave Labat, 1860 (A.M. Bordeaux : recueil 134). © Région Aquitaine, Inventaire général, Brenard Chabot, Michel Dubau, 1977 - A DROITE : Photo © Région Aquitaine, Inventaire général, Michel Dubau, 2008

Peu d’informations permettent d’évoquer la vie de Henri Maignan, qui naît à Bordeaux en 1815 et meurt à Rions en 1900. Commis-agent de change, il vit à Bordeaux rue des Menuts, puis rue des Allamandiers. En 1842, marié à sa cousine Amanda, il vit un temps à Toulouse ; sa fille aînée Louise décède à l’age de 7 ans, sa deuxième fille Marie-Louise, née en 1860, meurt sans descendance à Rions en 1936. Une importante correspondance avec ses frères Victor et Edouard, établis à la Nouvelle-Orléans dès 1837, avec lesquels il entretient des relations très affectives, témoigne de ses activités artistiques et commerciales ; ses nombreux dessins illustrent des régions françaises mais aussi certains pays étrangers. De retour en France, son frère le général Victor Maignan, commandant de la Brigade française en Louisiane, devient maire de la commune de Rions entre 1865 et 1870.

L’inclination pour le dessin à la mine chez Henri Maignan se développe parallèlement au succès de la lithographie à Bordeaux. Les paysages archéologiques sont au goût du jour et de nombreux dessinateurs font des relevés pour la commission départementale des Monuments Historiques, à l’image de Léo Drouyn et de Gustave Labat, avec lequel Henri Maignan dessinera fréquemment et entretiendra une amitié sincère. Les sujets retenus par Henri Maignan ne possèdent toutefois pas systématiquement de lien direct avec les travaux de la commission des Monuments Historiques, même si à Bordeaux il représente dès 1834 divers monuments qui seront mentionnés sur la première liste des Monuments Historiques.

Dès son institution en 1839, la commission départementale a jugé digne d’inscrire le château et l’enceinte de Cadillac dans la première classe des monuments militaires et la chapelle des ducs dans la deuxième classe des monuments religieux. De plus, pour aménager les services pénitenciers, le château est étudié et restauré vers 1820 par Alexandre Poitevin qui deviendra en 1842 membre résidant de la commission nationale. Pierre Lacour fils et les lithographes bordelais avaient déjà donné de nombreuses vues du château et de l’enceinte ; trente ans plus tard Léo Drouyn et Gustave Labat en feront de même. Certains documents des Archives départementales signalent en 1833 des portions vacantes de tour de ronde à concéder. Vers 1861, les travaux d’alignement nécessitent des destructions et provoquent sans doute le désir de mémoriser l’image d’une ville en devenir. Les plus prestigieux édifices dessinés par Henri Maignan entreront plus tard dans les listes des Monuments Historiques : château en 1875, enceinte et portes classés en 1881 puis en 1886 et chapelle funéraire des ducs d' Epernon en 1913.