La commune de Campagne en Dordogne

Poulverouse, un hameau semi-troglodytique à Campagne

Photo ancienne de Poulverouse
Photo ancienne de Poulverouse
Vue des ruines de Poulverouse
Vue des ruines de Poulverouse
Pignon d’un édifice de Poulverouse en ruine
Pignon d’un édifice de Poulverouse en ruine

Certaines cavités rocheuses et falaises de la commune de Campagne ont été aménagées pour servir d’abris ou d’habitation. Des villages se sont développés le long des falaises et ont été habités pendant plusieurs siècles, jusqu’à récemment pour l’un d’entre eux.

Bien que modeste comparé à d’autres sites tels La Roque Saint-Christophe, plus grand abri aérien d’Europe avec ses 300 mètres de long, Poulverouse a été le hameau semi-troglodytique le plus grand et le plus densément peuplé de la commune de Campagne au cours des époques moderne et contemporaine.

Situé à près de 600 mètres à l’est du bourg, aujourd’hui sur les hauteurs d’un parking municipal, l’emplacement de Poulverouse réunit plusieurs conditions propices au développement d’un village. Son exposition plein sud et la proximité de la Vézère, des terres arables en contrebas et des forêts facilitent la vie des habitants, tandis que sa situation en hauteur permet de surveiller les environs en cas de danger ou d’attaque et de se prémunir des crues de la rivière. Les habitants de ce hameau ont su mettre à profit les cavités rocheuses le long de la falaise pour y aménager des habitations.

Poulverouse a été habité sur une très longue période. Déjà mentionné comme un hameau habité en 1506, il est toujours indiqué comme tel sur la carte de Belleyme levée en 1768 et sur le plan cadastral dressé en 1817. Ce dernier et les observations faites sur place permettent de préciser l’organisation bien définie de Poulverouse. Les maisons étaient construites contre la falaise, la paroi constituant le fond, qui était toutefois redoublée par un mur maçonné. Ces habitations étaient accessibles par une rue qui les bordait et sur laquelle elles ouvraient. Un four à pain avait aussi été construit pour les habitants au centre du hameau, contre la falaise. D’autres cavités, aménagées dans la partie supérieure de la falaise, ouvrant sur des bretèches en bois en encorbellement, avaient probablement un rôle défensif. En face, de l’autre côté de la rue, des jardins se déployaient à côté de dépendances agricoles (granges, étables, peut-être bergeries). En plus des constructions, le cadastre de 1817 indique la nature des parcelles (vignes, bois, terres cultivables, etc.) situées autour, nous permettant ainsi de reconstituer l’aspect du hameau de Poulverouse et la vie de ses habitants. Il nous apprend ainsi que de nombreuses vignes et terres cultivables entouraient à cette époque le hameau, qui devait ainsi être principalement occupé par des agriculteurs.

Encore mentionné dans les délibérations municipales en 1897, Poulverouse semble ensuite avoir été déserté, plusieurs bâtiments ayant été démolis en 1903. Une photographie ancienne non datée nous montre des habitations en ruine, encore bien dégagées et visibles. La dégradation des bâtiments s’est accentuée depuis, certaines pierres (voire des cheminées entières) ayant été prises pour être remployées. Seuls quelques rares murs-pignons et pans de mur sont encore debout. Les ruines ont également été ensevelies par la végétation qui s’est considérablement développée autour, formant une véritable forêt qui met aujourd’hui Poulverouse hors de portée des regards.

Hameau semi-troglodytique habité pendant plusieurs siècles, Poulverouse ne fait pas figure d’exception dans la commune de Campagne. Un autre hameau du même type, Castaneyrol, a en effet existé à proximité, situé à moins de 500 mètres à vol d’oiseau au sud, au même niveau de l’autre côté de la vallée. Comme Poulverouse, il se composait d’habitats aménagés dans des cavités rocheuses sous une corniche, et de bâtiments entièrement construits en face. Habité jusque dans la deuxième moitié du XIXe siècle, il est aujourd’hui en ruine et difficilement accessible. Campagne abrite également un autre site troglodytique, cette fois-ci visitable : les cluzeaux situés sur les hauteurs du château, accessibles par l’escalier des Dames. Leur datation et leur usage ne sont pas connus. Encore utilisés au XIXe siècle pour des banquets organisés par les marquis de Campagne, ils sont maintenant des lieux de visite et de ballade.

Vue d’ensemble des ruines de Poulverouse
Vue d’ensemble des ruines de Poulverouse
Le four à pain de Poulverouse en ruine
Le four à pain de Poulverouse en ruine
Vue d’ensemble de Poulverouse et ses environs en 1817
Vue d’ensemble de Poulverouse et ses environs en 1817
Vue de détail de Poulverouse en 1817 
Vue de détail de Poulverouse en 1817