La commune de Campagne en Dordogne

L’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste de Campagne

Vue de l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste de Campagne
Vue de l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste de Campagne
Vue de l’intérieur de l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste de Campagne
Vue de l’intérieur de l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste de Campagne
Les armoiries de la famille La Borie de Campagne peinte sur la litre funéraire
Les armoiries de la famille La Borie de Campagne peinte sur la litre funéraire

Située au cœur du bourg de Campagne, entre le château et la place, l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste est le résultat d’une construction en plusieurs phases intimement liées à l’histoire de la commune.

Présentant un plan simple, l’église de Campagne se compose d’une nef unique prolongée par un avant-chœur ouvrant sur deux chapelles latérales au nord et au sud formant faux-transept. Le chœur est situé dans le prolongement de la nef et de l’avant-chœur, accessible par quelques marches. Il ouvre sur une grande chapelle située au sud, transformée aujourd’hui en sacristie. La façade occidentale de l’église présente un portail en arc brisé avec quatre voussures à listel sur bases prismatiques, dominé par une accolade, le tout surmonté d’un clocher-mur percé de trois baies campanaires dont deux abritent des cloches.

La construction de l’église paroissiale de Campagne a probablement débuté dans la deuxième moitié du XIe siècle. C’est tout d’abord le chœur qui est érigé, comme en témoignent les murs à arcatures aveugles et les chapiteaux romans à décors de panier en osier et de crosses qui l’ornent, caractéristiques de cette époque. La construction de la nef actuelle serait intervenue peu après, comme l’attestent les murs gouttereaux en petit appareil de pierre de taille et leurs fentes de jour verticales en partie haute (aujourd’hui murées). Des fouilles archéologiques récentes ont aussi révélé qu’en parallèle a été réalisé le cimetière, qui à l’origine se déployait autour de l’église et qui a ensuite été déplacé dans le bourg au cours du XIXe siècle.

Partiellement touchée pendant la guerre de Cent ans, l’église a fait l’objet de travaux vers la fin du XVe siècle et le début du XVIe. Des voûtes sur croisées d’ogive ont été réalisées dans la nef, ce qui a entrainé le murage des anciennes fenêtres et l’ouverture de nouvelles baies centrées sur les croisées d’ogive. Le mur-clocher et la chapelle au sud du chœur, actuelle sacristie, ont ainsi été construits par la famille de Bonald, coseigneur de Campagne. Cette chapelle servait alors de chapelle funéraire à ces coseigneurs, qui possédaient une porte (depuis murée) donnant directement dans le parc du château. Au XVIIe siècle, cette chapelle devient la propriété des La Barthe, coseigneurs de Campagne. À la même époque, deux chapelles latérales sont érigées par les autres coseigneurs : la famille La Borie fait construire la chapelle au sud, les Calvimont de Chabans font réaliser celle au nord. Régie par un acte de partage daté de 1617, la somme de leurs dimensions ne devait pas dépasser celle de l’actuelle sacristie. Le lien étroit des coseigneurs de Campagne avec l’église est encore visible dans la litre funéraire qui court sur tous les murs à l’intérieur et à l’extérieur. Réalisée à l’occasion du décès d’un membre de la famille seigneuriale, elle se présente sous la forme d’une bande noire sur laquelle sont représentées des armoiries, peu lisibles aujourd’hui.

L’église de Campagne fait l’objet de nombreux travaux tout au long du XIXe siècle. Son emplacement, alors en contrebas de la route, accentue les problèmes d’humidité et contribue à son mauvais état de conservation, qui rend nécessaire de fréquents travaux financés par la commune et par le conseil de fabrique actif de 1852 à 1907. Des interventions sur la toiture, la charpente et le pavement ont ainsi lieu plusieurs fois. En parallèle, le mobilier intérieur est renouvelé par l’achat et le don d’autels, de statues, de tableaux (aujourd’hui disparus), de linges liturgiques et de vitraux. L’état de délabrement et d’insalubrité de l’église est tel qu’il est envisagé en 1875-1876 de la détruire et d’en reconstruire une nouvelle dans un style néo-roman. Cette proposition émane du marquis Raoul de La Borie de Campagne, qui espère ainsi récupérer l’ancienne église, en détruire une partie et conserver le chœur et la chapelle sépulcrale pour les intégrer dans le parc du château. Ce projet n’aboutit pas, puis est repris en 1882 sans plus de succès.

De grands travaux sont entrepris en 1983-1984. Portant sur la charpente et la maçonnerie, ils permettent également la réalisation d’un projet de longue date : la création d’une sacristie. Une première sacristie en bois avait été réalisée en 1847 avant que plusieurs projets de sacristie en pierre se succèdent. Tous les deux sont proposés par la marquise de Chevigné, en 1894-1895 d’abord, puis en 1927. Aucun de ces projets n’aboutit, et il faut attendre 1983 pour qu’une sacristie soit enfin inaugurée dans l’église de Campagne. À cette date la chapelle des marquis de Campagne est en effet transformée en sacristie, la porte donnant sur le parc est bouchée et une fenêtre est transformée en porte donnant sur la place publique du bourg.

À ces étapes de construction de l’église s’ajoute l’historique de la paroisse de Campagne. Rattachée dès le IXe siècle à l’archiprêtré du Bugue, elle relève à partir de 1214 de l’archevêque de Bordeaux. À partir de 1317, à la création de l’évêché de Sarlat, elle est comprise dans l’archiprêtré d’Audrix. Après le Concordat en 1801, la paroisse de Saint Cirq est liée à celle de Campagne pour le culte. Campagne est aujourd’hui rattaché à la paroisse Notre-Dame de Capelou, à Belvès.

L’église paroissiale de Campagne a été inscrite au titre des monuments historiques le 22 août 1949. Cette protection témoigne de son intérêt culturel et historique. Les travaux en cours contribuent à la mettre en valeur et à rendre mieux lisibles toutes les strates de son histoire.