Entre Double et Landais. Paysage et patrimoine autour de Montpon-Ménestérol

Introduction

Pont de type Eiffel franchissant l’Isle à Ménesplet (1895)
Photo BL
Pont de type Eiffel franchissant l’Isle à Ménesplet (1895)
Photo BL

Situé à l’extrémité occidentale du département de la Dordogne, l'ancien canton de Montpon-Ménestérol regroupait huit communes réparties au sud-ouest du plateau de la Double et au nord-ouest de celui du Landais. L’Isle, affluent de la Dordogne, traverse ce territoire d’est en ouest et parcourt la plaine alluviale de son cours sinueux, ponctué de nombreux îlots. Si ces villages sont aujourd’hui rassemblés au sein d’une même entité territoriale, la rivière a longtemps créé une dichotomie entre les espaces qu’elle délimite, marquant profondément de son empreinte la vallée, tandis que les plateaux restèrent longtemps en marge de son évolution. 

Le paysage architectural rend compte du lien profond qui l’unit à ce territoire. Celui-ci se distingue par un réseau hydrographique dense dont la rivière constitue le cours majeur : l’enjeu fut d’en assurer la navigabilité, du Moyen Age au XIXe siècle. Les vastes futaies de chênes et de châtaigniers qui couvrent le relief et l’absence de pierre disponible localement furent, par ailleurs, à l’origine des constructions traditionnelles en pan de bois dont il subsiste quelques témoignages. Quant à la terre, elle constitua le socle des grands domaines agricoles de la contrée et offrit le matériau des constructions en brique ou en pierre calcaire, dont il fallut s’approvisionner en amont sur le fleuve, ou au nord du plateau de la Double.

 

Marion Provost,
Chargée de mission Inventaire, Région Nouvelle-Aquitaine

D’après l’étude réalisée par Line Becker et Vincent Marabout,
chercheurs au service de la Conservation du Patrimoine de la Dordogne

Les premières traces d'occupation humaine sont attestées dès la période préhistorique sur la rive gauche de l’Isle. A l’époque gallo-romaine, une voie longeait le cours de la rivière, au nord, tandis que le site du Puy-de-Châlus  (Montpon-Ménestérol) était investi, de même que le Mas de Bénévent à Saint-Martial-d’Artenset, où se tenait vraisemblablement une villa. Les premières mentions écrites des paroisses datent des XIe et XIIe siècles ; à cette époque, la châtellenie de Montpon, dont le domaine s’étendait sur 18 paroisses, fut apportée en dot au comte de Périgord Hélie V (vers 1166-1208). La colline du Puy-de-Châlus, disputée, marquait alors la frontière avec la châtellenie de Gurson. L’aménagement du territoire commença au milieu du XIIIe siècle, lorsque les moines chartreux entreprirent la création d’étangs (la Jemaye à Échourgnac). En 1270 et 1316 furent fondées les bastides de Bénévent, par le comte de Périgord (entre Saint-Martial-d’Artenset et Saint-Laurent-des-Hommes) et de Saint-Barthélémy-de-Bellegarde par Edouard II. Leur situation, au contact de l'Aquitaine anglaise et du comté du Périgord, les plaça au cœur des conflits de la guerre de Cent Ans. La Double connut toutefois une relative prospérité à partir du XVIe siècle, l’installation de verreries favorisant l’économie du plateau. Les guerres de Religion y mirent fin, cependant, ce lieu de passage devenant le théâtre d’importants combats. La situation sanitaire du milieu du XIXe siècle engendra la mise en place d’une politique de développement, qui exerça un impact profond sur les paysages.

Consulter le dossier d'Inventaire de Présentation de la commune de Montpon-Ménestérol