Lycées, l'invention d'une architecture

Les Trente Glorieuses : concilier quantité et qualité

Lycée des Métiers du Bâtiment de Felletin. 1947-1955
Architecte : Jean-Pierre Paquet
Lycée des Métiers du Bâtiment de Felletin. 1947-1955
Architecte : Jean-Pierre Paquet

Entre 1945 et 1975, la massification de l’enseignement secondaire conduit à construire en série des lycées « en barres » préfabriquées, en béton.

Composant avec les normes ministérielles, les architectes proposent des œuvres originales et le confort, notamment des internats, est amélioré. Le décor des établissements est également soigné grâce au « 1% artistique ».

Mal aimées, ces architectures répondent pourtant à l’époque aux besoins de la génération du baby-boom.

Aujourd’hui, leur étude contribue à les apprécier comme un patrimoine témoin du XXe siècle.

De la norme à l’industrialisation

Pour faire face au défi démographique, l’Etat prône une planification centralisée des constructions scolaires. Cette volonté se traduit par des normes facilitant l’assemblage d’éléments préfabriqués. Des plans-types basés sur un quadrillage de 1,75 m de côté permettent alors d’agencer des bâtiments linéaires sur de vastes espaces. Ce principe s’inscrit dans les concepts urbanistiques de l’époque et la logique d’ingénieur à l’origine des grands ensembles.

Malgré l’ingéniosité des architectes, l’intensification de l’industrialisation de la construction est contestée dans les années 1970 et conduit à abandonner progressivement cette politique de modèles.

1% artistique

A partir de 1951, la loi oblige les maîtres d'ouvrages publics à réserver 1% du coût de leur construction pour la réalisation d’œuvres d'art. D’abord réservé au bâti scolaire, le dispositif a été étendu à la majorité des édifices publics.

Dans les lycées, ces œuvres constituent aujourd'hui une étonnante collection, témoin des évolutions artistiques depuis plus de soixante ans. 

Le souffle du plein air

Type achevé du courant des établissements de plein-air développé pendant la première moitié du XXe siècle, le lycée d’Arcachon met en œuvre les principes « hygiénistes » visant à offrir air frais et soleil aux enfants.

Ces établissements se développent en effet alors que la « climatothérapie » est la seule prévention face à la tuberculose.

Si, dans les années 1950, l’amélioration des logements populaires et le développement de l’antibiothérapie signent la fin de l’expérience, les innovations du plein-air perdurent.

Ainsi, plans en pavillons, terrasses et murs de baies vitrées vont marquer durablement l’architecture scolaire.