Lycées, l'invention d'une architecture

1802-1945 : La quête d’un modèle architectural

Lycée Palissy d’Agen. 1888-1893
Architecte : Alexandre Lhéritier
Lycée Palissy d’Agen. 1888-1893
Architecte : Alexandre Lhéritier

La création des lycées est décidée en 1802, par Napoléon Bonaparte, pour la formation des élites du régime.

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les lycées s’installent dans d’anciens couvents ou collèges de congrégations religieuses.

Puis, l’Etat élabore les principes d’une architecture spécifique. Les lycées s’élèvent alors, compromis entre un programme, la volonté rationalisatrice de l’administration, et l’expression des architectes.

La lente élaboration d’une architecture

Lors de la création des lycées, l’urgence est de dispenser les enseignements dans des locaux existants. Face à l’imperfection des aménagements, le Conseil royal de l’Instruction publique élabore en 1843 les premières recommandations.

Elles s’inspirent des modes de composition de l’époque, notamment de l’architecte Jean-Nicolas-Louis Durand, qui prône un plan « en grille », avec des cours spécifiques. Les salles de classe sont placées au rez-de-chaussée et les dortoirs à l’étage.

De l’air et de la lumière

A partir de 1860 puis grâce à l’action de Jules Ferry sous la IIIe République, le Ministère de l’Instruction publique décide de guider les programmes de construction. Ainsi, il sollicite essentiellement les architectes « diocésains » déjà chargés par l’Etat de l’entretien et de la construction des édifices religieux. Ces architectes s’inscrivent dans le courant du « rationalisme », visant à garantir le bon fonctionnement des bâtiments grâce à des dispositions et des procédés de constructions adéquats. Faire entrer l’air et la lumière, utiliser les matériaux régionaux, dominent leur doctrine.

Entre 1930 et 1945, les douches et les terrains de sports sont les seuls éléments nouveaux d’une réglementation qui reste fidèle à la philosophie rationaliste. Du point de vue constructif, l’ossature en béton armé s’impose avec un remplissage de façade.