Lumière sur les verrières en Aquitaine (XIIIe - XVIIe s.)

La mise en scène des Ecritures

Bayonne (64), cathédrale Notre-Dame : verrière haute, premier quart du XVIe siècle.
Bayonne (64), cathédrale Notre-Dame : verrière haute, premier quart du XVIe siècle.
Villeneuve-sur-Lot (47), église Sainte-Catherine, baie 24 : Jugement dernier, XVIe siècle.
Villeneuve-sur-Lot (47), église Sainte-Catherine, baie 24 : Jugement dernier, XVIe siècle.

Nombreux sont les textes de l’Ancien Testament où la lumière évoque de façon symbolique la présence de Dieu. Un des tout premiers versets de la Genèse n’est-il pas « Que la lumière soit et la lumière fut » ? Certains théologiens ont comparé métaphoriquement la lumière divine à la lumière du soleil qui traverse le vitrail, notamment l’évêque Guillaume Durand de Mende, qui écrivait au XIIIe siècle : « Les fenêtres vitrées sont les écritures divines, qui versent la clarté du vrai soleil, c’est-à-dire de Dieu dans l’église […] » (cité dans Guillaume Durand de Mende, Manuel pour comprendre la signification symbolique des cathédrales et des églises, éd. Maison de vie, 1996, p. 38).

Les baies hautes de la nef de la cathédrale Notre-Dame de Bayonne (64) ont servi de support à un ensemble, réalisé aux alentours de 1500, dont l’iconographie est consacrée au Christ et à la Vierge. Les vitraux installés du côté sud de la nef  proposent une vision de l’histoire biblique développée d’est en ouest. Le récit, axé sur l’idée de Rédemption, débute par l’épisode de la Création et se poursuit jusqu’à celui de la Crucifixion. De l’autre côté, les baies septentrionales retracent quelques aspects de l’histoire mariale, de l’enfance au Couronnement.

L’église Sainte-Catherine de Villeneuve-sur-Lot (47) possède elle aussi un important ensemble de verrières anciennes remontées dans l’église actuelle, rebâtie à partir de 1898 à l’emplacement d’une première église devenue insalubre. Les vitraux utilisés pour le nouvel édifice ont perdu leur disposition d’origine. Ce surprenant mélange des styles, associant le gothique flamboyant des fenêtres et la disposition romano-byzantine du bâtiment, n’en fut pas moins heureux car il a permis de conserver des verrières des XVe et XVIe siècles, comprenant un cycle consacré à la Passion du Christ et au Jugement dernier, un autre dédié à la patronne de l’église, sainte Catherine d’Alexandrie, et enfin une série de panneaux hagiographiques.

Sur les hauteurs de la ville de Saint-Émilion (33), l’église collégiale  conserve dans deux des trois baies de son abside principale des vitraux datés de 1522 par un cartouche. Ces panneaux, installés dans les fenêtres sud-est et nord-est, mettent en scène un Collège apostolique aux couleurs chatoyantes, dont les apôtres sont tous encadrés par un dais d’architecture richement décoré d’après l’antique et accompagnés  par des paroles du Credo.