Lumière sur les verrières en Aquitaine (XIIIe - XVIIe s.)

Introduction

Bayonne (64), chœur de l’église Saint-Esprit : triplet, première moitié du XIIIe siècle.
Bayonne (64), chœur de l’église Saint-Esprit : triplet, première moitié du XIIIe siècle.
Saint-Emilion (33), collégiale, baie 2 du chœur : détail d’un panneau de grisaille, XIVe siècle.
Saint-Emilion (33), collégiale, baie 2 du chœur : détail d’un panneau de grisaille, XIVe siècle.

On considère à tort que l’Aquitaine est totalement dépourvue de vitraux anciens et on peut imputer cette croyance tenace à une méconnaissance du sujet. La région conserve bien des verrières, surtout religieuses, antérieures au XIXe siècle, même si ce corpus forme un ensemble parcellaire et disparate. Dans l’état actuel de nos recherches, seulement dix sites ont conservé des restes de leur vitrerie ancienne, auxquels il faut ajouter sept vitraux — plus ou moins fragmentaires mais dont nous connaissons la provenance — comptant parmi les collections d’un musée ou bien d’un particulier, enfin, des pièces appartenant à des collectionneurs, dont nous ne connaissons pas l’origine et qui ne sont pas incluses dans cette découverte de l'Aquitaine.

A l’instar de l’étendue géographique, la chronologie s’échelonne du XIIIe au XVIIe siècle, même si on constate que la très grande majorité des œuvres sont datables des XVe et XVIe siècles. Les trois petits panneaux du XIIIe siècle, considérés à l’heure actuelle comme le plus ancien témoignage de la technique en Aquitaine, sont conservés au Musée basque de Bayonne (64). Ces panneaux, uniques et incomplets, illustrant le thème de l’Arbre de Jessé, ne nous permettent pas d’apprécier la production régionale aux périodes les plus reculées du Moyen Âge. Le même constat s’impose pour le XIVe siècle, dont seuls quelques panneaux remontés de façon anarchique subsistent dans les fenêtres Renaissance du chevet de la collégiale de Saint-Emilion (33).

C’est donc la production de la fin du Moyen Âge qui constitue la quasi-totalité des œuvres mais là encore la conservation des vitraux dans les départements est très inégale. En effet, ils sont majoritairement conservés en Gironde, vient ensuite le département des Pyrénées-Atlantiques, puis le Lot-et-Garonne. Seules les Landes ne semblent pas posséder de vitraux anciens ; la Dordogne, quant à elle, n’a pu épargner qu’un petit rondel.

Cette exposition sur quelques exemples de vitraux de la fin du Moyen Âge et du début de l’époque moderne souhaite démontrer, malgré la disparition probable d’autres verrières, l’existence d’une production régionale qui, même si elle n’est pas abondante, n’en est pas moins surprenante et digne d’intérêt.

Anne Bernadet
Doctorante en histoire de l’art – Boursière de la Région Aquitaine