Accueil > Une signature contemporaine dans les vignes
Bâtir pour le vin en Aquitaine : l'exposition

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, les avancées technologiques témoignent d’une meilleure maîtrise des processus de vinification. En revanche, les enveloppes architecturales ne bénéficient pas de la même attention. On se contente bien souvent de bâtiments standards et fonctionnels, du simple hangar à l’essai de pastiche, avant l’amorce d’un renouveau architectural dans les années 1980.


En 1984, face à la nécessité d’agrandir les bâtiments du château Lafite-Rothschild à Pauillac, avec la création d’un chai de 2000 barriques, l’architecte de réputation internationale Ricardo Bofill conçoit un espace enterré et de plan circulaire, permettant un gain de place là où la valeur du terrain viticole n’autorise le sacrifice d’aucune parcelle. Invisible de l’extérieur, dissimulé sous une croupe plantée de vignes, le chai présente un volume monumental et spectaculaire scandé de colonnes massives en béton, rompant avec le plan traditionnel des chais en vaisseaux.

Cette réalisation ouvre la voie à d’autres architectes : Patrick Dillon et Jean de Gastines à Pichon-Longueville en 1987, Alain Triaud et Luc Arsène-Henry en 1992 pour les Domaines Henri Martin à Beychevelle, l’agence Mazières à Gruaud-Larose à Saint-Julien-Beychevelle avec des chais et des cuviers en béton.

Les chais tendent donc à supplanter les châteaux, en adoptant l’éclectisme architectural qui en a fait le succès. Si la forme architecturale donne une identité au domaine, elle doit avant tout répondre aux impératifs du travail dans les chais. La fonctionnalité et l’ergonomie priment dans la conception des bâtiments élaborée en concertation étroite entre commanditaires et architectes. De nouveau, l’architecture et l’aménagement intérieur s’adaptent aux évolutions techniques, tout en renouant avec des principes révélés au XIXe siècle, notamment celui de la gravité, dès 1990 au château Branaire-Ducru à Saint-Julien-Beychevelle.

L’oenotourisme constitue un autre facteur de transformation architecturale des chais. Une politique d’accueil du public, dans ces lieux confidentiels jusqu’alors exclusivement réservés au travail, se développe avec le souci d’expliquer la vinification.

En ce début de XXIe siècle, la création architecturale est au coeur des domaines. L’édification de chais contribue à leur image de marque autant qu’à la réputation des architectes, tels Jean-Michel Wilmotte à Cos d’Estournel (Saint-Estèphe), Christian de Portzamparc à Cheval Blanc (Saint-Émilion), Jean Nouvel à La Dominique (Saint-Émilion), Mario Botta à Faugères (Saint-Etienne-de-Lisse)... Les noms de Norman Foster, de Pei ou de Philippe Starck circulent actuellement dans le Bordelais, avec l’ambition de concilier patrimoine et création, tradition et innovation, prestige et spectacle.

Consultez une vidéo « Nouveau chai signé Jean Nouvel dans les vignes de Saint-Emilion » (27 janvier 2014, © France 3 Aquitaine).



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