Publié le lundi 16 décembre 2019 dans

Coup de cœur de la documentaliste : portrait de femme, Héloïse Leloir

Françoise Bourdillaud, documentaliste à Limoges, nous fait découvrir une artiste, Héloïse Leloir, à partir d’un tableau conservé au Musée d’Art et d’Archéologie de Guéret (Creuse), présenté dans l’ouvrage «Elles, portraits de femmes dans les collections publiques du Limousin».

Dans ce catalogue d'exposition1 figure l'ensemble des portraits de femmes, peints ou dessinés, conservés au musée d'art et d'archéologie de Guéret, complété par des œuvres  inédites appartenant aux collections publiques du Limousin. Des experts en histoire de l'art proposent une analyse approfondie de ces tableaux  qui dévoilent  les différents visages de la femme, du 17e siècle au 20e siècle. En voici un exemple :

Héloïse Leloir appartient à une véritable dynastie d’artistes parisiens du 19e et 20e siècle. Peintre elle-même, elle se forme auprès de son père, Alexandre-Marie Colin (1797-1873), peintre de l’Ecole romantique,  ancien élève de Anne-Louis Girodet. Née en 1820, Héloïse épouse Jean-Baptiste Leloir (1809-1892), un célèbre peintre, dont elle aura deux fils : Louis (1843-1884) et Maurice (1853-1940), qui deviendront des illustrateurs renommés. Héloïse expose au Salon parisien de 1835 et se fait connaître par ses portraits, comme celui du duc de Mortemart. Dessinatrice de talent, elle a une prédilection pour l’aquarelle et excelle dans la réalisation de peinture en format miniature. À son époque, cette technique est presque uniquement réservée aux femmes. Sensible au milieu romantique, plusieurs de ses dessins ornent des œuvres littéraires. Elle connaît le succès en 1840 avec l’édition du « Sélam ou galerie de costumes, fleurs et femmes de tous les pays ». A partir de 1843, elle semble s’être limitée au portrait et à la gravure de mode. elle vend ses planches de mode à des magazines célèbres à l’échelle européenne. Ses aquarelles paraissent dans « La mode illustrée » ou « le journal des demoiselles ». Des femmes élégantes, avec des visages aux traits délicats, y sont représentées vêtues de robes à la mode, appelées « crinolines », dont Héloïse sait mettre en valeur le chatoiement ou la transparence des étoffes, la subtilité des drapés. Héloïse et ses deux sœurs, Anaïs Toudouze (1822-1899) et Laure Noël (1827-1892), sont les trois plus grandes illustratrices de la mode parisienne du milieu du 19e siècle.

Dans ce bel ouvrage, de nombreux autres portraits féminins sont à découvrir, qu’ils soient réalisés par des artistes anonymes ou connus tels que le limousin Jean-Baptiste Gardel (1818-1874), né à Limoges, l’italien Angelo Asti (1847-1903), Moïse Kisling d’origine polonaise (1891-1953), et bien d’autres. Pour le 20e siècle sont  également présentées des œuvres réalisées par des photographes : Raoul Hausmann, Valérie Jouve, Barbara Krüger… Autant de portraits variés, touchants, parfois surprenants, dont l’ensemble représente un bel hommage aux femmes.

Ce livre est consultable auprès du centre de documentation du service Patrimoine et inventaire (site de Limoges) et dans plusieurs bibliothèques. Le service conserve également les photographies des tableaux parues dans cette publication.

Pour information : depuis l’année 2018, le musée d’Art et d’Archéologie de Guéret est en cours de restructuration ; sa réouverture est prévue pour 2021 (pour en savoir plus : musee@ville-gueret.fr)

 

Françoise Bourdillaud.

 

1. Riou Charlotte (Dir.). Elle : portraits de femmes dans les collections publiques du Limousin : [exposition,] Musée d'art et d'archéologie, Guéret, 28 mars-17 septembre 2000. Guéret : Musée d’art et d’archéologie, 2000.